Glencore mise sur le nickel : 600 millions de dollars de plus pour l'usine du Nord

nickel province sud
Usine du Nord
L'usine du Nord, image d'illustration. ©Alain Jeannin
Le rebond des matières premières et l’appétit chinois pour le nickel calédonien - mais aussi des milliers de suppressions d’emplois en Afrique et en Australie - permettent à la multinationale anglo-suisse de rester en province Nord. Mais la cure d'austérité va se poursuivre. 
Oubliés, les mots d'Yvan Glasenberg évoquant « le gros tas de nickel du Koniambo» et ses avertissements : « nous ne sommes pas mariés avec la Nouvelle-Calédonie». La récente remontée des matières premières et du nickel, et les prévisions d'une véritable reprise de la demande chinoise en 2017, ont emporté la décision du PDG de Glencore. Après de longs mois d'attente, la multinationale anglo-suisse a annoncé jeudi qu'elle maintenait sa participation dans l'usine du Nord. Elle y a déjà investi plus de 8 milliards de dollars. Une somme faramineuse et qui donne le vertige.

Objectif 20.000 tonnes de nickel en 2017

Yvan Glasenberg annonce que 600 millions de dollars supplémentaires seront sans doute investis sur le site industriel du Koniambo, entre autres pour reconstruire l'un des deux fours inopérant en raison d’un défaut de fabrication. L'objectif de Glencore ? Relancer la production de la ligne numéro 2 en 2018 qui sera aussi l'année de la consultation référendaire en Nouvelle-Calédonie. L'usine du Nord doit atteindre son rythme de croisière en 2020 avec une production de 55.000 tonnes de Ferronickel destinées à la production asiatique d'acier inoxydable haut de gamme.

« La reconstruction du four numéro 2 de KNS commencera en janvier 2017. Le coût total de l’opération sera de 200 millions de dollars ».
Yvan Glasenberg en réponse à une question pendant l'Investor Day 

Un maintien assumé. Le PDG de Glencore a fait le saut sans filet. La cure d'austérité et les mesures de réduction des coûts ont été sévères. Mis à mal en 2015 par la chute des prix des premières premières, Glencore a redressé la barre. Le groupe minier et de courtage en métaux industriels a donc pris une décision attestant de sa sortie de crise.  

Le 24 novembre dernier, le Président de la province Nord de la Nouvelle-Calédonie avait pu annoncer que l'usine du Nord était sauvée. Paul Neaoutyine venait d'être reçu par le Premier ministre à Paris. Manuel Valls lui avait confirmé le maintien du dispositif de défiscalisation qui permet à Glencore de conserver 200 millions d'euros. Un gros chèque qui a sans doute pesé dans la décision finale de la multinationale anglo-suisse. Yvan Glasenberg avait fait le déplacement à Paris pour s'en assurer auprès de Paul Neaoutyine.

La séance du nickel à Londres

Le cours du métal était en hausse vendredi soir à la City. 11.527 $ par tonne + 2,92 %. La forte demande chinoise en nickel et les propos optimistes du PDG de Glencore ont rassuré les investisseurs. Sur la semaine le métal reprend son souffle et baisse de 1,26 %. Sa hausse reste marquée sur un mois + 10,10 % et encore plus sur l'année + 30,83 %.