outre-mer
territoire

Grand débat national : quand Sébastien Lecornu déminait le terrain en Guyane

société
Lecornu
Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales ©AFP
En juillet dernier, Sébastien Lecornu était en Guyane pour évoquer le grand débat public consacré au projet industriel de la Montagne d’Or : 4 jours au contact de la population, des élus, des agents de l'Etat, des chefs d'entreprise et des associations. Un vécu sans doute utile aujourd'hui.
 
Ils seront les animateurs du grand débat public. La secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique Emmanuelle Wargon et le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu ont été chargés d'organiser le grand débat national, ont annoncé lundi des sources gouvernementales citées par l'AFP. Le ministre chargé des Collectivités territoriales prendra plus particulièrement en charge la place et la participation des élus dans les débats, pour apporter des solutions et sortir de la crise des "Gilets jaunes". 
 

Développement des Territoires

En juillet dernier alors qu'il était en déplacement dans le département d'Amérique du Sud, le ministre déclarait  : "écouter tous les acteurs, c’est le sens de ce que m’a demandé le Président de la République." A l’occasion de la clôture du grand débat public organisé en Guyane autour du projet minier de la Montagne d’or, Sébastien Lecornu s’était déclaré favorable à un modèle économique de proximité qui réintroduit de l’emploi au plus proche des territoires. Une demande aujourd'hui implicite des "Gilets jaunes". Pour ce gaulliste social, les créations nettes d’emplois et les hausses de revenus en France sont liées au développement d’activités économiques nouvelles. "Toutes les filières économiques doivent être développées ", avait ajouté Sébastien Lecornu avant son départ de Cayenne. Un constat de bon sens qui prenait en compte les ressources inexploitées du département. 

 
Au contact de la population

Durant quatre jours, le ministre est allé à la rencontre des habitants dans les rues de Cayenne, mais il a aussi écouté les associations de défense de la nature opposées à l’industrie minière et les élus guyanais qui y sont majoritairement favorables. Six mois ont passé, les avis sont toujours partagés au gouvernement sur les projets miniers guyanais. Sur place, Sébastien Lecornu a voulu mesurer les nouvelles garanties qu’il pouvait obtenir des porteurs du projet de la Montagne d'Or, le plus sensible mais aussi le plus créateurs d'emplois : "les partisans de l’industrie minière voudraient que je sois pour et les opposants voudraient que je sois contre, j’ai la faiblesse de penser et je prends du temps (…) que beaucoup de gens se posent des questions (…) A quoi sert l’Etat ? (…) si ce n’est à apporter des réponses et à avancer sereinement…"
 

L'économie et le social aussi

En Guyane, les préoccupations de Sébastien Lecornu ont porté tout autant sur l’écologie que sur les questions économiques et sociales, autrement dit "l’amélioration de la vie des gens, les créations d’emplois, les salaires et la baisse du chômage notamment dans la région de Saint-Laurent-du Maroni." Pour le ministre, le rapport entre empreinte environnementale et bénéfices sociaux-économiques a toujours été crucial. Sébastien Lecornu a pu mesurer l’urgence dans cette région de l’Ouest guyanais où le taux de chômage atteint 50 % de la population. "Lorsque vous assurez l’électrification d’un village reculé avec une unité de production à base de solaire par exemple, une unité de stockage ou un réseau de distribution local, il y a forcément un besoin de maintenance et de compétences de proximité.Un modèle qui permet de réintroduire de l’emploi au plus proche des territoires. C’est là encore une vraie opportunité de développement économique." Décentralisation, proximité, des mots qui résonnent forts dans la France des Territoires, et pas seulement en Guyane.
 

Tout ne viendra pas de Paris

C’est, aussi, une partie importante de la réponse au chômage, selon le ministre qui avait cité pendant son déplacement un exemple sensible en Outre-mer ou en Corse : "La production énergétique est, par essence, très décentralisée. Lorsque vous construisez une centrale solaire doublée d’une unité de stockage, il y a besoin de maintenance de proximité. Elle ne viendra pas de Paris." Pour Sébastien Lecornu, l’époque est aux tables rondes, aux échanges constructifs et à la détente. Le ministre chargé des Collectivités territoriales a utilisé cette méthode de concertation en dialoguant avec la société guyanaise. Un autre défi l’attend, celui-là sur fond de colère sociale, plus compliqué sans doute que le dossier minier guyanais, en tout cas à une autre échelle, celle du pays.
 
Publicité