Grève des contrôleurs aériens : un vendredi noir en prévision dans le ciel français

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Photo d'illustration ©AURORE MARECHAL / AFP
Un vol sur deux annulé : un vendredi noir s'annonce dans le ciel français en raison d'un appel à la grève du principal syndicat de contrôleurs aériens. Des compagnies comme Air France ont déjà annoncé annuler une partie de leurs vols ce 16 septembre.

La Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) a demandé mardi aux compagnies aériennes de renoncer à la moitié de leur programme de vols vendredi 16 septembre, potentiellement des centaines de mouvements d'aéronefs.

Cette décision a été prise à la suite d'un préavis de grève lancé par le SNCTA (Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien) et concerne aussi bien la France hexagonale que l'Outre-mer, a précisé l'administration dans un communiqué.

Malgré la mise en place d'un service minimum et la réduction préventive du trafic demandée, "des annulations de vols et des retards significatifs sont à prévoir sur l'ensemble du territoire", a prévenu la DGAC. Elle a donc invité "les passagers qui le peuvent à reporter leur voyage et à s'informer auprès de leur compagnie aérienne pour connaître l'état de leur vol".

Annulations et retards

Air France a ainsi décidé d'annuler 55% de ses vols court et moyen-courriers et 10% de ses long-courriers vendredi. "Des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure", a ajouté la compagnie dans un communiqué, en soulignant que "les clients concernés par des vols annulés seront notifiés individuellement par SMS et e-mail".

Du côté de Corsair, on assure "que les vols Outre-mer ne sont pas concernés par la grève des contrôleurs aériens de vendredi". Pas d'annulation non plus pour la compagnie French Bee, qui dessert notamment La Réunion et la Polynésie.

Cette grève pourrait avoir aussi des répercussions sur l'ensemble du trafic aérien européen. L'administration a indiqué travailler "avec le gestionnaire du réseau européen (Eurocontrol) afin de proposer aux compagnies aériennes des mesures de contournement de l'espace aérien national".
Le service minimum concernera notamment des aéroports mais aussi les cinq centres en route de la navigation aérienne (CRNA), qui contrôlent les aéronefs "opérant dans un espace au-dessus de 6.000 m" d'altitude, selon la DGAC.

Autre préavis fin septembre

Le SNCTA, syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens, a souligné pour sa part avoir décidé de ce mouvement pour manifester son inquiétude "au sujet du niveau actuel de l'inflation ainsi que des recrutements à venir". "Alors que le projet de loi de finances 2023, en cours d'élaboration, arrive devant le Parlement en octobre, l'absence de garanties de la DGAC et des pouvoirs publics est inacceptable", a ajouté le syndicat, dans un communiqué publié sur son site internet.

Ce préavis a été maintenu après des "discussions de conciliation", lors desquelles "aucune réponse (n'a été) apportée par la DGAC et les pouvoirs publics" à ses revendications, ce qui constitue "une provocation envers la profession", selon le syndicat. "La compensation de l'inflation est une revendication sociale forte et juste, dont le financement est prévu par les plans de performance européens", a plaidé le SNCTA.

Outre la journée d'action de vendredi, le syndicat a annoncé le dépôt "d'un deuxième préavis du mercredi 28 septembre au vendredi 30 septembre 2022 inclus".

Ce mouvement des aiguilleurs du ciel intervient deux mois après une série de mouvements sociaux touchant des personnels d'aéroports, en particulier à Roissy-Charles-de-Gaulle. Ces grèves, à l'orée des vacances d'été, s'étaient traduites par l'annulation préventive de centaines de vols à la demande de la DGAC. Là aussi, les grévistes réclamaient des hausses de salaires sur fond d'inflation galopante et des embauches pour une amélioration des conditions de travail.