En Guadeloupe, des jeunes se mobilisent pour nettoyer les territoires d’Outre-mer

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clean my island
©Maxime Gautier
Maxime Gautier, 21 ans, a fondé l’association Clean my Island l’été dernier. L'initiative pour “nettoyer la Guadeloupe” rassemble à chaque édition toujours plus de bénévoles. Le concept s’étendra prochainement à d’autres territoires ultramarins.
En l’espace de quelques mois, l’association Clean my island a mené 14 éditions de ramassage des déchets en Guadeloupe. Un bilan dont Maxime Gautier, son fondateur, n’est pas peu fier.
 

Amoureux de la nature

Le jeune homme de 21 ans se décrit comme un “amoureux de la Guadeloupe”. Adepte des explorations, il part régulièrement à la recherche d'endroits reculés dans la nature, souvent peu connus. Des recoins souvent paradisiaques dont il partage les photos sur son compte Instagram.
 

C’est cette passion pour la nature qui l’a conduit à agir pour la préserver. Au cours de l’été 2019, il monte l’association Clean my island avec quelques amis. L’objectif : Inciter les Guadeloupéens à ramasser les déchets laissés dans la nature par les promeneurs, les touristes et les industriels.
 

Il ne suffit pas qu’on soit de plus en plus à ramasser les déchets. Il faudrait qu’on soit de plus en plus à arrêter de les jeter. 

Maxime Gautier


Une initiative directement inspirée de l’influenceur australien Jackson Groves qui organise des ramassages un peu partout sur le globe.

On a d’abord créé une page Facebook, explique Maxime Gautier. On voulait inciter les gens à remplir un ou deux sacs poubelles en allant à la plage le week-end par exemple. On reposte ensuite leurs photos. Le but c’est de créer un engouement sur les réseaux sociaux.
 

Une initiative qui prend de l’ampleur

La première édition de ramassage a lieu le 16 septembre 2019 et réunit sept personnes. Mais l’initiative fait rapidement parler d’elle et lors de la dernière édition, le 6 juin, ils sont entre 150 à 200 à amasser un tas considérable de déchets. 

Au total 300 sacs poubelles de 200 L et cinq bennes de 30m3 sont nécessaires pour récolter tous les détritus.
 

Regardez l'interview de Maxime Gautier et les images de l’édition du 6 juin :

 

Jeunes, vieux… Tout le monde se mélange, la différence ne compte pas. Ce qui importe, c’est le nombre de bras !

Maxime Gautier


Les déchets qui polluent la Guadeloupe sont souvent de tailles. Il a donc fallu s’organiser. Une compagnie de car leur fournit ainsi des véhicules et les communautés d'agglomérations et les filiales de traitement de ferraille fournissent des bennes pour entasser les détritus, avant de venir les récupérer à la fin de chaque édition.
 

Étendre le mouvement en Outre-mer

Si le confinement a rendu impossible l’organisation d’opérations de ramassage, il a en revanche joué un grand rôle dans le recrutement de bénévoles. 

Il y a clairement une évolution du nombre d'adhérents à l’association (15 avant le confinement, 70 à ce jour), détaille Maxime Gautier. Sur les réseaux sociaux aussi ça prend de l’ampleur. On a près de 5 000 abonnés sur insta et 2 000 sur Facebook.

Je pense que les gens ont vraiment pris un coup mentalement quand ils ont vu toutes les choses qui changeaient au niveau de la nature pendant le confinement. La clarté de l’eau, la pureté de l’air, la nature qui reprend ses droits sur certaines plages habituellement bondées, des petits arbres qui recommencent à pousser… 

Maxime Gautier


Avec le déconfinement, l'association a repris du service et lance de nouveaux projets. Une opération d’affichage de panneaux de sensibilisation floqués "La Guadeloupe est trop belle pour devenir une poubelle" est ainsi en cours. "On veut aussi faire de la sensibilisation dans les écoles, des journées de plantation d’arbres", poursuit Maxime Gautier.

L’association multiplie également les prises de contacts avec des jeunes d’autres territoires ultramarins pour étendre le mouvement à tous les Outre-mer. Clean My island devrait ainsi arriver en Martinique dans le courant de l’été.
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