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Guadeloupe : les sargasses coupent du monde La Désirade et l'île de Terre-de-bas

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Algues sargasses
Algues sargasses ©Cécile Baquey
En Guadeloupe, La Désirade et l'île de Terre-de-Bas sont presque coupées du monde, à cause de l'arrivée d'immense radeaux de sargasses, qui s'amoncellent dans leur port respectif, seul point d'entrée pour "les passagers, le fret et les pêcheurs", d'après les municipalités des deux îles.
"Depuis la fin de semaine dernière, le bateau qui amène les voyageurs, ainsi que la péniche qui ravitaille l'île et notamment les commerçants ne peuvent pas passer, et s'ils passent, ne peuvent pas repartir", a détaillé Armancy Robert, 1er adjoint du maire de la Désirade.

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"Les armateurs ont décidé de stopper leurs rotations entre Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, car les hélices des bateaux ne sont pas assez puissantes pour passer sans dommage et accoster notre île", a, pour sa part, déploré Edouard Colet, directeur de cabinet du maire de Terre-de-Bas.
Pour les deux petites îles, la conséquence immédiate est une économie à l'arrêt, mais pas seulement : l'amoncellement des algues brunes qui dégage du sulfure d'hydrogène occasionne, pour les habitants de nombreux désagréments.


Un impact potentiel sur la santé

"La population se plaint de maux de tête, de nausées et de vomissements. Par ailleurs, tous les appareils électroménagers tombent en panne", s'est désolé Armancy Robert, d'autant que sans rotation navale, les personnes de l'agence régionale de santé, chargée d'effectuer des prélèvements et des analyses de toxicité ne peuvent se déplacer.
Regardez ce reportage à la Désirade :
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"Sur les deux îles des personnes comme les pompiers ou les médecins sont habilitées à faire des prélèvement pour déterminer la toxicité des émanations", rappelle Jean-Michel Jumez, le sous-préfet de Guadeloupe, en charge de la question des sargasses. De son côté, le Département, responsable des deux ports, a procédé à des opérations d'enlèvement des sargasses "rendues très ardues par les quantités d'algues échouées", indique un communiqué du conseil départemental.

Ces opérations doivent "permettre d'assurer les dessertes maritimes ainsi que la poursuite des activités des marins-pêcheurs".

Inquiétantes perspectives

Les prévisions d'échouage restent pour autant inquiétantes : l'image satellitaire analysée par la Deal (Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement) "révèle à nouveau la présence de très nombreux radeaux tout autour de l'archipel", selon un communiqué de l'organisme.

La reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle demandée par les élus et la population face à ce fléau n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, selon le sous-préfet. "Pour ce faire, il faudrait que la législation change", souligne-t-il.
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