Le Guadeloupéen Didier Dinart revient sur son éviction du poste de sélectionneur de l’équipe de France de handball

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Didier Dinart, le sélectionneur de l'équipe de France de handball. ©STEPHANE ALLAMAN/DPPI/AFP
"L'impression d'avoir été jeté comme un kleenex". C’est ainsi que Didier Dinart décrit à France tv sport la manière dont il a vécu son éviction. C'est la première fois que le Guadeloupéen s'exprime sur son renvoi qu'il a vécu douloureusement. 
 
Pour la première fois depuis la fin de l’Euro 2020, l’ex-entraîneur de l’équipe de France Didier Dinart a accepté de s’exprimer sur son éviction. Le 12 janvier dernier, au terme d'une deuxième défaite à l'Euro face à la Norvège, l'équipe de France est éliminée sans gloire dès le 1er tour de la compétition. Le lendemain, sans attendre le dernier match de poule face à la Bosnie-Herzégovine, Didier Dinart est confirmé à son poste. 

Le 26 janvier pourtant, l'annonce est officielle : l’entraîneur de l’équipe de France est démis de ses fonctions et remplacé par son adjoint, Guillaume Gille. Depuis, le technicien guadeloupéen est resté muet sur le plan médiatique. Jusqu'à ce vendredi 5 juin.
"Jeté comme un Kleenex, après 23 ans passés à servir l’équipe de France"

Le coup a été rude. L’ancien pivot de l'équipe de France, surnommé le "Roc" du temps de sa carrière de joueur, a vacillé sans rien voir venir. "Je m’étonne du traitement qui m’a été réservé", déclare-t-il à France tv sport. 

"On me confirme dans un premier temps à la tête de l’équipe de France au lendemain de notre élimination. La veille de mon éviction, sur un plateau de télévision, on me renouvelle ce soutien et le lendemain, j'apprends par la voix de mon adjoint que je ne suis plus l’entraîneur des Bleus... J’ai un peu le sentiment d’avoir été jeté comme un Kleenex, après 23 ans passés à servir l’équipe de France comme joueur puis entraîneur adjoint puis finalement coach principal."


Didier Dinart, 43 ans aujourd’hui, le sait mieux que quiconque: au fil des années et des succès, l’équipe de France a relevé le degré d’exigence et banalisé les médailles d’or. Tout autre métal désormais s’apparente à un maigre lot de consolation.

Les campagnes de l’Euro 2018 et du Mondial 2019 terminées à chaque fois en bronze sont vécues comme des semi-échecs par des Bleus, plus aussi souverains que par le passé. L'élimination prématurée lors du dernier Euro déclenche l’état d’alerte au sein de la Fédération, qui s’inquiète pour la qualification olympique, et coûte finalement sa place à Didier Dinart, pourtant bien décidé à poursuivre sa mission dans la lignée de ses prédécesseurs:

"J’ai la sensation de ne pas avoir bénéficié du même traitement que Daniel Costantini et Claude Onesta. Daniel est resté six ans sans gagner de titre entre 1995 et 2001, Claude a mis cinq années à remporter son tout premier en 2006, en récupérant pourtant une équipe championne du monde. Moi, titré dès mon premier Mondial comme entraîneur principal, on me remercie sans ménagement à l'issue de l'Euro, seule compétition que je n’aurai pas terminée sur le podium à la tête des Bleus... J’ai du mal à comprendre ce 'deux poids, deux mesures'."  


Et le temps n’a pas encore fait son œuvre, ni dissipé cette amertume. 


"Je pensais, comme mes prédécesseurs après leurs mandats respectifs à la tête de l'équipe de France, pouvoir rester un temps au sein de la Fédération et être appelé à d'autres missions. Or mon contrat s’achève le 1er septembre et on ne m’a, pour l’heure, rien proposé derrière. Là encore, je m’étonne de cette différence de traitement." On pourrait voir ça comme un appel du pied de la part de l’ancien handballeur. 


 
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