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Guyane : Macron appelle à ouvrir "une nouvelle page" avec tous les territoires ultramarins

Le président Emmanuel Macron a plaidé samedi en Guyane pour qu'une "nouvelle page" s'ouvre entre l'Etat et chacun de ses territoires d'Outre-mer, en se disant prêt à des "aménagements constitutionnels" si nécessaire.

Emmanuel Macron lors des Assises des Outre-mer en Guyane, le 28 octobre 2017. © DR
© DR Emmanuel Macron lors des Assises des Outre-mer en Guyane, le 28 octobre 2017.
  • La1ere.fr (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
Dans "ce morceau de la République plongé au coeur de l'Amazonie", le chef de l'Etat a, au terme d'une visite de 48 heures, affirmé qu'il voulait en finir avec "une relation asymétrique" faite de "promesses non tenues", "d'engagements budgétaires dont plus personne ne comprend même la logique" et de "milliards accumulés sans qu'on n'explique jamais les délais".

"Je souhaite qu'une chose soit retenue de notre déplacement", à savoir la volonté "qu'une nouvelle page s'ouvre dans la relation entre l'Etat français et l'ensemble des territoires ultramarins", a-t-il martelé lors d'un discours de lancement des assises des Outre-mer à la préfecture de Cayenne, au côté de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

"Responsabilité partagée"

M. Macron ne veut plus de cette "relation toujours asymétrique", où les territoires ultramarins voient "l'Etat comme quelqu'un à qui on demande et qui ne fait jamais assez" et "où l'Etat regarderait ces territoires comme une charge et non plus comme une chance". Cette "nouvelle page" avec "tous ces territoires de la République" doit à l'inverse être celle "d'une responsabilité partagée", a-t-il dit.

Si Paris a la responsabilité d'assurer, notamment, "la sécurité et l'autorité partout, de manière intraitable", élus, milieux socio-économiques et citoyens ultramarins doivent "prendre leur part" et "non plus, dès qu'il y a un problème, dire ‘c'est l'Etat’ comme je l'ai trop souvent entendu". Les milliards d'euros réclamés, "ce sont les vôtres, ils sont payés par les Français de tous nos territoires, notamment les Guyanais", a lâché M. Macron en estimant qu'il fallait "combattre" ce "cynisme".

Mise en garde 

"C'est fort de cette méthode qu'ici, en Guyane, je n'ai pas voulu céder à quelque facilité que ce soit. J'ai entendu (samedi matin) ceux qu'on appelle les Grands Frères, à visage découvert et s'exprimant de manière responsable. Je les respecte, ils portent une voix, celle de la société civile, mais quand cette voix s'agrège à celle de ceux qui portent des cagoules, sont des délinquants ou viennent bousculer l'ordre républicain, cela ne me va pas", a-t-il prévenu.

Et de lancer une mise en garde : "lorsque je vois des élus de la République jouer avec ces mouvements sociaux, pensant que la colère des uns pourrait arranger leurs affaires, je leur dis avec beaucoup de force qu'ils perdent le fil de ce qu'est leur mandat, qu'ils jouent à un jeu dont ils ne maîtriseront pas les fins". A l'inverse, a insisté le chef de l'Etat, "si tout le monde joue le jeu -élus, fonctionnaires de la République, responsables socio-économiques, responsables traditionnels- nos territoires peuvent retrouver un destin".

"Décisions fortes"

Dans la foulée des assises des Outre-mer, "à l'été prochain, nous prendrons des décisions fortes", a-t-il promis. "Je suis prêt à rouvrir des sujets constitutionnels s'il apparaît pertinent de le faire et que c'est utile. Si La Réunion veut revenir sur l'amendement Virapoullé (qui interdit à l'île l'évolution institutionnelle accordée aux départements français d'Amérique, ndlr), je suis prêt à le faire", a assuré Emmanuel Macron. "Si des territoires considèrent qu'il faut des aménagements constitutionnels, je suis prêt à les porter avec vous", a-t-il ajouté.

Enfin, M. Macron "veut qu'un véhicule législatif unique" fasse "la synthèse de tous ces besoins, de toutes ces adaptations" et "reflète les délégations réglementaires que nous sommes prêts à faire aux collectivités" qui le souhaitent.

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