De la Guyane à Paris, les gros bonnets de la cocaïne

trafic de drogue
Les gros bonnets de la cocaïne Guyane
Photo illustration ©HO / SPANISH POLICE HANDOUT / AFP
Les trafiquants de cocaïne ne manquent pas d'imagination pour importer de la drogue depuis la Guyane. Un trafiquant de Sarcelles (Val d'Oise) a utilisé de jeunes mères de famille pour acheminer la poudre blanche. Ces femmes dissimulaient la cocaïne dans les bonnets de leur soutien gorge. 
Debut décembre, sept mules, dont deux femmes de retour de Guyane, et le principal commanditaire présumé de ce réseau, ont été interpellés par la brigade de stupéfiants (BS) de la police judiciaire parisienne, révèle le Parisien. Un trafiquant de Sarcelles (Val d'Oise) utilisait de multiples passeurs, dont de jeunes mères de familles, pour acheminer la poudre blanche en toute discrétion avant de l'écouler en Ile-de-France. Ces femmes, précise le Parisien, dissimulaient la cocaïne dans les bonnets de leur soutien gorge et prenaient la précaution d'être accompagnées de leur enfant. 

Un premier passeur arrêté en septembre à Paris 

Au total, six suspects ont été mis en examen avant d'être placés en détention provisoire. Un premier passeur a été arrêté en septembre à Paris. L'homme, originaire de l'île de Sainte-Lucie dans les Caraïbes, avait ingéré une centaine d'ovules thermosoudées de coke, d'un poids de près d'1 kg. Les enquêteurs ont pu ainsi remonter jusqu'à un certain Gordon H, 47 ans, soupçonné d'être à la tête de ce trafic. 

Les sept mules, venues de Guyane, ont été interpellées dans une chambre d'hôtel du Xe arrondissement de Paris. Une ressortissante surinamienne et sa fille, âgée de 1 an, un couple et leur petit garçon de 3 ans et quatre hommes ont été trouvés en possession de près de 4 kg de cocaïne. Les enquêteurs ont également trouvé chez Gordon H 1 kg de la même drogue. Enfin, près de 5 kg de cocaïne et 40 000 euros en liquide ont été saisis au domicile d'une nourrice à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis 

De plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes à tenter le voyage vers Paris 

Le nombre de "mules" mineurs augmente dans l’ouest Guyanais. Plus de 40% en un an. Ils sont de plus en plus nombreux, et de plus en plus jeunes, à tenter le voyage vers Paris, indiquait le 5 novembre dernier la PJJ, la protection judiciaire de la jeunesse, à Saint Laurent du Maroni. 

Début décembre, un jeune guyanais d'à peine 18 ans a été intercepté par les douaniers à la gare de Lille-Flandres avec 560 grammes de cocaïne dans le ventre et dans le rectum. 

Le 11 mars dernier, une "mule" martiniquaise de 21 ans en provenance de Fort-de-France avait fait un malaise dans l'avion avant de décéder par overdose quelques heures plus tard dans un hôpital parisien.