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Les habitants d'Outre-mer se sentent en moins bonne santé, surtout les femmes

Les habitants de Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion âgés de 15 à 75 ans sont moins nombreux à se percevoir en bonne santé que ceux de métropole, notamment les femmes, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques publiée mercredi.

© REUNION1ÈRE
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  • Par Angélique Le Bouter
  • Publié le , mis à jour le
En moyenne, 61% des habitants de ces quatre départements et régions d'outre-mer historiques (DROM, hors Mayotte) "considèrent que leur état de santé est bon ou très bon, contre 69% des Métropolitains", selon l'étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), portant sur des chiffres de 2014.
Mesure de l'état de santé, hommes et femmes confondus. © http://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1057.pdf
© http://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1057.pdf Mesure de l'état de santé, hommes et femmes confondus.

Inégalités sociales...

Ces disparités "sont particulièrement marquées" chez les femmes. A structure d'âge comparable, 57% des femmes de La Réunion se déclarent en bonne ou très bonne santé, soit 11 points de moins qu'en métropole. Cet écart atteint respectivement 13 points pour la Guyane et 16 points pour la Guadeloupe et la Martinique.

De même, la part des habitants des DROM qui déclarent avoir eu des problèmes dentaires est de 6 à 14 points plus élevée qu'en métropole (à structure d'âge comparable). Ces disparités en matière de santé bucco-dentaire "peuvent être liées aux habitudes alimentaires ou à un moindre recours au dentiste", note la Drees.

Les disparités en matière de santé déclarée peuvent être liées aux inégalités sociales entre les populations de ces territoires, avec notamment un taux de chômage en Outre-mer "deux à trois fois le niveau métropolitain en 2014", un niveau d'éducation et un niveau de vie "nettement inférieurs à ceux de la métropole, en particulier en Guyane".

...​ et déserts médicaux


En octobre 2017, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) pointait également les disparités d'accès à la santé dans les outre-mer, nombreuses et persistantes. Les conséquences sont nombreuses : prévention défaillante, accès difficile aux structures médicales, organisation inefficace des dispositifs médicaux... 

"La prévalence plus élevée du diabète dans les DROM", et notamment chez les femmes, pourrait aussi contribuer à expliquer cette moins bonne santé perçue, souligne la Drees.

Diabète, mortalité infantile et maternelle...

Les femmes dans les DROM sont aussi "plus souvent en surpoids ou en situation d'obésité que les femmes métropolitaines, ce qui peut entraîner une dégradation de l'état de santé", des facteurs qui conduisent à "une plus grande vulnérabilité" des femmes enceintes, "exposées à une mortalité infantile et maternelle plus élevée qu'en métropole".

La Drees note également que "les inégalités femmes-hommes sont souvent plus marquées outre-mer et s'expliquent en partie par la plus forte proportion de mères à la tête de familles monoparentales".



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