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Immigration clandestine à Mayotte : la situation se dégrade et l'inquiétude monte

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Expulsés Mayotte
Plus de 500 personnes expulsées campent sur la place de la république à Mamoudzou ©Mayotte 1ère
Plusieurs centaines de personnes expulsées campent depuis plusieurs jours sur la place de la République à Mamoudzou. Selon la Cimade (association de défense des droits des étrangers), près d'un millier d'étrangers ont été délogés de leur habitation par un collectif d'habitants de Mayotte. 
La situation à Mayotte se dégrade chaque jour davantage. Depuis le début de l'année les opérations menées par les habitants eux-mêmes  contre l'immigration clandestine se multiplient. La dernière, à Bouéni ce dimanche, serait la quatrième.

Répondant à l'appel d'un collectif d'habitants, des villageois ont déjà chassé de chez eux près d'un millier de personnes dans les villages de Tsimkoura, Poroani et Choungi (sud). Désormais sans domicile, les expulsés campent depuis dimanche 15 mai sur la place de la République à Mamoudzou. Ils étaient environ 200 lundi. Ils sont à présent plus de 500 à vivre dans le plus grand dénuement et ne pouvant compter que sur les dons de particuliers pour vivre.  

Mayotte subit une forte pression migratoire des îles voisines des Comores et les tensions entre communautés s'exacerbent. Sur les tracts des différents collectifs, il est reproché aux "étrangers", "vols, agressions et meurtres au quotidien", "délinquance juvénile et chômage en masse", "écoles surchargées" et "système de santé débordé", entre autres. 

Regardez le point de la situation avec Halda Halidi de Mayotte 1ère ce mardi à 12 heures :  
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La chasse à l'étranger s'amplifie à Mayotte et suscite de très vives inquéitudes. 800 fonctionnaires auraient demandé à quitter l'île dès la fin de l'année scolaire. Regardez le reportage de Mayotte 1ère.
©la1ere

Dans un communiqué, la préfecture de Mayotte "condamne fermement les événements qui se sont déroulés sur plusieurs communes de l'île ce week-end et ont conduit à l'expulsion de familles et à la destruction de bangas" (habitations de fortune, en tôle ou en terre). Elle informe également de la tenue d'une réunion mardi soir en présence de l'association des maires afin "d'examiner la situation de ces familles".

Par ailleurs, des véhicules appartenant à des leaders des collectifs d'habitants ayant expulsé des familles de la commune de Bouéni (sud de l'île) ont été brûlés au cours de la nuit de lundi à mardi. D'autres expulsions sont prévues dimanche à M'tsamboro (nord de Mayotte) et le 5 juin à Kani-Kéli (sud de l'île).
 

De nouvelles opérations sont prévues le 22 mai à M'tsamboro (nord) et le 5 juin à Kani-Kéli (sud). 

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