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Incidents électoraux aux Comores: l'opposition dénonce un "coup d'Etat", appelle à la "résistance"

L'élection présidentielle qui se déroule ce dimanche 24 mars aux Comores a été marquée par plusieurs incidents, notamment à Anjouan et Mohéli. 

© GIANLUIGI GUERCIA / AFP
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  • La1ere.fr avec AFP
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Les douze adversaires du chef de l'Etat sortant Azali Assoumani au premier tour du scrutin présidentiel qui se déroule dimanche aux Comores ont dénoncé un "coup d'Etat" électoral et appelé le peuple "à résister" et à se "mobiliser" contre des fraudes en cours.

Nous, candidats, déclarons illégitimes le gouvernement actuel ayant à sa tête le colonel Azali. Nous, candidats, contestons la mascarade de ces élections (...) et appelons le peuple à résister et à se mobiliser contre l'ignominie"

- Colonel Soihili Mohamed, candidat à la présidentielle, à l'issue d'une réunion à Moroni.


Les Comoriens votaient dimanche pour une élection présidentielle qui semblait promise à l'autoritaire chef de l'Etat sortant Azali Assoumani, au grand dam de ses adversaires qui ont rapporté des incidents en plusieurs points du pays. Tout au long d'une campagne qu'il a écrasée des moyens de l'Etat, M. Azali, 60 ans, a répété qu'il comptait bien l'emporter dès le premier tour sur ses douze rivaux, nourrissant de forts soupçons de fraude.
    

Des bureaux de vote saccagés

Dès l'ouverture des 731 bureaux de vote, l'opposition a fait état de graves irrégularités dans les îles d'Anjouan, en majorité hostile au président, et de Mohéli. Un responsable de la Commission électorale (Ceni) a confirmé à l'AFP qu'une dizaine de bureaux de vote anjouanais avaient été saccagés. Selon des témoignages recueillis sur place par l'AFP, ces échauffourées sont liées à la découverte d'urnes remplies et à l'interdiction faite à des assesseurs issus de partis de l'opposition d'exercer leurs fonctions.
    
"Dans la mesure où mes délégués ont été empêchés d'entrer dans les bureaux de vote (...) je ne reconnaîtrai jamais les résultats", a déclaré à la presse le candidat du parti Juwa, Mahamoudou Ahamada, après avoir voté dans l'île de la Grande Comore. "C'est une mascarade qui est en train de se jouer à Anjouan".  "C'est un véritable coup d'Etat", a lancé un autre candidat, Ibrahim Mzimba, lui aussi avocat.
   

"Situation maîtrisée"

Interrogé par la presse alors qu'il venait de déposer son bulletin dans l'urne dans une école de son fief de Mitsoudje, dans le centre de l'île de la Grande Comore, Azali Assoumani a confirmé quelques incidents. "On m'a dit qu'il y avait eu des problèmes là-bas. Ce n'est pas une surprise (...) on a constaté pendant la campagne qu'il y avait des gens qui n'étaient pas là pour gagner mais pour que le scrutin n'ait pas lieu", a-t-il ajouté, "la situation est maîtrisée".
Le président sortant a voté dimanche matin. © GIANLUIGI GUERCIA / AFP
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP Le président sortant a voté dimanche matin.

Tout sourire, le chef de l'Etat sortant s'est déclaré "confiant, plus que confiant même" dans sa capacité à rafler la mise dès dimanche soir.
 

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