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Industrie minière : le cours du nickel subit des prévisions moins favorables

À Londres, le prix du métal au LME a chuté de plus de 4% sur la semaine. L’indice de production manufacturier de la Chine est en baisse et le dollar monte. Surtout, la spéculation relance l’incertitude sur l’offre et la demande mondiale de nickel en 2019.
 

Usine de nickel de Doniambo (SLN-ERAMET) en Nouvelle-Calédonie © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Usine de nickel de Doniambo (SLN-ERAMET) en Nouvelle-Calédonie
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le
Un scénario moins favorable se dessinerait pour le nickel. La demande mondiale continuera de croître, mais les gains de prix seraient limités par l’investissement dans de nouvelles capacités de production. L’offre mondiale pourrait de nouveau augmenter ? L’hypothèse n’est pas exclue et alimente la spéculation. Vendredi, le nickel s'échangeait autour de 14.400 dollars la tonne, en baisse tout comme la valeur boursière des trois groupes métallurgiques présents en Nouvelle-Calédonie. "Le nickel, comme toutes les matières premières, est libellé en dollars, une hausse du billet vert en augmente le prix pour les acheteurs utilisant d'autres devises" rappelle les analystes d'Activ Traders. Et puis, en dépit des propos optimistes de Donald Trump sur un accord commercial avec la Chine, et l'annonce par Pékin de son intention de réduire ses droits de douane, les investisseurs restent très prudents face au risque d'intensification des tensions entre les deux pays. 
 

Prévisions

En début de semaine à la City de Londres, les négociants et les analystes du nickel avaient des raisons supplémentaires d'être inquiets. Ils ont intégré dans leurs prévisions de nouveaux projets d’usines ou d’agrandissement d’installations existantes en Indonésie. Et il s’agirait d’installations, d'usines hydrométallurgiques, autrement dit de production de nickel pur pour les batteries des véhicules électriques. Ces usines pourraient un jour entrer en concurrence avec la production de l’usine du Sud (VNC) en Nouvelle-Calédonie. Reste à savoir quand...
 

Spéculations

En milieu de semaine, les analystes se rassuraient avec une opinion critique émise par une agence de recherche et de prévision. Proche du gouvernement chinois, l'agence Antaik semblait sceptique concernant les projets industriels en Indonésie. Et comme la Bourse des métaux de Londres (LME) n’aime pas les incertitudes, les cours du nickel rechutaient peu après, d'autant que des prévisions d’analystes londoniens venaient indiquer que le marché du nickel ne serait pas en déficit l’an prochain, ou alors seulement de 19.000 tonnes. Ces prévisions sont venues contredire Glencore qui évaluait, la semaine dernière, le déficit à 124.000 tonnes en 2019. Et les analystes d'envisager des stockages spéculatifs et plus ou moins dissimulés de nickel pur en Asie dans des entrepôts non officiels. Il devenait compliqué pour les acteurs du marché londonien de se faire une juste opinion de la situation.
 

Stabilisation

En fin de semaine, deux bonnes nouvelles venaient éviter un nouveau recul des prix du métal gris. La conférence régionale nickel et cobalt qui vient de se tenir en Chine, sous l’égide d’Antaik, a prévu une demande croissante en alliage de type SLN25 pour l’industrie de l’acier inoxydable et une hausse de la demande en nickel pur pour les batteries des voitures électriques. Enfin, "le ministère philippin de l’environnement pourrait décider la fermeture de trois sites miniers qui ont échoué à l’examen de passage environnemental" a indiqué le négociant Marex Spectron. 

 

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