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Sur Instagram, une géolocalisation fictive pour protéger les sites naturels du tourisme de masse

Afin de lutter contre les ruées touristiques qui menacent les sites naturels et leur biodiversité, le WWF France a lancé lundi une campagne visant à sensibiliser les utilisateurs d’Instagram par la création d'une gélocalisation fictive.

Selon un récent sondage, 42% des voyageurs français sont influencés par Instagram dans le choix de leur destination. © Loïc Venance, AFP
© Loïc Venance, AFP Selon un récent sondage, 42% des voyageurs français sont influencés par Instagram dans le choix de leur destination.
  • La 1ère avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
Un paysage de rêve, une photo "instagrammable", un filtre, une localisation et des "likes". Tels sont les ingrédients pour faire monter en flèche la popularité d'une destination. S'il semble anodin pour les utilisateurs du réseau social Instagram, ce geste peut pourtant avoir des conséquences sur le tourisme et sur la pollution. C’est ce sur quoi le WWF France met en garde, dès lundi 15 juillet, en lançant une campagne pour protéger les sites naturels au moyen d’une géolocalisation fictive.

Le principe est simple. Au lieu d’indiquer qu’il est dans telle crique en Guadeloupe ou sur telle plage en Guyane, via la géolocalisation proposée par Instagram, l’utilisateur du réseau social pourra désormais inscrire la mention "I Protect Nature" (Je Protège la Nature).
En cliquant dessus, les abonnés se verront indiquer l’adresse du siège du WWF France, près de Paris.
Une idée qui a déjà séduit de nombreux utilisateurs. À la mi-journée, lundi, plusieurs dizaines de comptes affichaient déjà fièrement leur engagement.
Tourisme de masse et pollution

L’objectif de cette initiative est de sensibiliser les très nombreux "Instagrameurs" - environ 14 millions en France, et 1 milliard dans le monde – "à la protection des sites naturels et, à travers eux, le plus large public possible, à ce sujet."
À l’origine de cette campagne, un constat amer dressé par l’ONG, selon laquelle "la géolocalisation sur Instagram des lieux préservés met en péril la biodiversité".

En effet, si l’application de partage de photos permet de partager rapidement des clichés de "paysages idylliques éloignés des sentiers battus" et de leur faire faire le tour du monde grâce à quelques hashtags, elle a son revers : "l’arrivée soudaine d’un tourisme de masse". Un tourisme de masse dont les conséquences sont désastreuses sur l’environnement, notamment du fait des nombreux déchets, en particulier les bouteilles et emballages plastiques, abandonnés sur ces sites par les touristes.

Potentiel "instagrammable"

La simple recherche du mot-clé "travel" (voyage) dans Instagram, suffit pour comprendre l'ampleur du phénomène. Plus de 420 millions de résultats s'affichent. Des paysages de carte postale, parmi lesquels Cinque Terre (Italie), Salinas Grandes (Argentine), l'île de Shimizu (Philippines), mais aussi les chutes du Carbet (Guadeloupe), la forêt de Belouve (la Réunion), le Mont-Dore (Nouvelle-Calédonie), pour ne citer qu'eux.
 La plateforme connaît un tel succès à travers le globe qu’elle contribue à mettre des coups de projecteurs sur des lieux qui étaient jusqu’alors ignorés du tourisme du masse. Une conséquence d’apparence positive qui présente aujourd’hui un véritable danger pour les sites naturels, au grand dam des riverains et des défenseurs de l’environnement.

Lancée en 2010, l'application possède une influence énorme sur l'industrie du voyage. Selon une récente étude réalisée par One Poll pour eDreams Odigeo, environ 42% des voyageurs français sont influencé par Instagram dans la recherche de leur séjour, et le réserve notamment en fonction de son potentiel "instagrammable".

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