Jean-Louis Garçon, martiniquais d’origine, étudiant par devoir et comédien par hasard. Portrait

théâtre
Swize Banzi si dead
Jean-Louis Garçon - Swize Banzi si dead ©Daniel Maunoury
Ce diplômé d’une grande école de commerce joue dans une pièce sud-africaine à Paris. Il est aussi au générique de plusieurs films et séries télévisées.

Dans la pièce "Sizwe Banzi is dead", Jean-Louis Garçon joue deux personnages. Le premier, Styles, travaille à la chaine dans une usine de voiture en Afrique du sud dans les années 70. Un jour, il réalise son rêve, devenir photographe. Jean-Louis Garçon interprète ce personnage avec beaucoup de talent... D’autant qu’il lui ressemble. "Styles s’est reconverti. Il a changé de métier, et moi aussi. Mon dernier job, c’était chez L’Oréal au service ‘digital marketing’ ", dit-il avec un accent anglais faussement appuyé.

Des grandes études

Jean-Louis Garçon insiste, sa carrière de comédien est arrivée par hasard. Au départ, c’est la musique qui l’intéressait. Mais ses parents souhaitaient qu’il fasse des études. "Ils voulaient que j’aille plus loin que là où eux-mêmes s’étaient arrêtés. Je ne sais pas comment je me suis retrouvé dans cet engrenage, mais je me suis arrêté sept ans après le bac". C’est donc muni d’un Master d’une grande école de commerce qu’il commence sa première carrière professionnelle, avant de tester, pour s’amuser deux semaines de stage au cours Florent, à Paris. Une véritable révélation qui le pousse à quitter le monde de l’entreprise et une carrière qui se profilait à Londres, pour se lancer dans le théâtre. 

Etre comédien, c’est comme passer des entretiens d’embauches

Jean-Louis Garçon

Pour jouer, il faut en permanence passer des castings, et dépasser l’épineuse question des rôles clichés dévolus aux comédiens noirs. "Si on est présent sur des rôles variés, alors il se crée une image qui n’est pas stéréotypée. En revanche, si l’on ne se retrouve qu’à des castings avec des rôles connotés, c’est là que l’on crée un stéréotype". Ne pas encourager ce type de cliché, que l’on soit acteur, producteur ou diffuseur, c’est tout le combat à mener, selon ce comédien aux origines martiniquaises et malgaches.

Alceste

Loin des clichés, Jean-Louis Garçon a joué le rôle d’Alceste, dans le Misanthrope de Molière. "On a présenté la pièce devant des lycéens de quartiers défavorisés, et ils disaient : pourquoi Alceste, il est noir ? Ils ne comprenaient pas. Alors que, pour moi il y a un imaginaire que l’on doit s’autoriser à avoir… se dire, quand on voit un film avec que des Blancs : ça donnerait quoi ce film avec que des Noirs ?" 

Un carnet rempli

Jean-Louis incarne aussi un commissaire de police dans la série "Astrid et Raphaëlle" sur France Télévisions, et sera bientôt au générique de deux autres séries, dont il n’a pas encore le droit de parler. En attendant, sur scène, il joue Styles, l’ouvrier reconverti en photographe, et Bountou, l’homme qui construit sa propre liberté sous les contraintes du régime de l’apartheid. Une pièce puissante et riche d’enseignements.

 

Swize Banzi is dead

Théâtre de Belleville

16 Passage Piver, Paris  11ème

Les lundi, mardi et dimanche jusqu’au 26 avril