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Un jeune Martiniquais se dit victime de violences policières à Paris

Dans la nuit du 12 au 13 juillet dernier, Mathieu sortait d’une boîte de nuit parisienne lorsque des policiers lui ont asséné un coup de matraque. Quinze jours plus tard, le Martiniquais de 23 ans porte encore les séquelles de cette agression. 

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  • Tiziana Marone (avec Valentin Deleforterie)
  • Publié le , mis à jour le
C'est un jeune homme souriant et à l'apparence calme qui a accepté de nous rencontrer. Mathieu a encore un oeil tuméfié à cause du coup de matraque reçu il y a deux semaines. Ce soir là, le jeune homme se rend dans une boîte de nuit afro-antillaise sur les Champs-Elysées, en compagnie de trois amis. C'est en sortant de la discothèque que les faits surviennent. 

Sur le chemin du retour, une voiture de police banalisée s'arrête à hauteur du groupe. Selon Mathieu, les occupants du véhicule lui intiment de manière agressive de marcher sur le trottoir et non sur la chaussée. Le jeune homme répond sur le même ton. Le chauffeur sort alors de la voiture et lui assène un coup de matraque au visage. Mathieu tombe par terre, inconscient. Il est menotté par les policiers, qui l'embarquent dans un commissariat du XVIIe arrondissement pour le placer en cellule de dégrisement. 
 
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Quinze jours d'ITT

Au sortir de sa détention, le verdict tombe pour Mathieu : une fracture de la paroi extérieure du sinus et 15 jours d'interruption temporaire de travail (ITT). Le Martiniquais porte encore aujourd'hui les stigmates de l'agression. Outre une large cicatrice au niveau de l'oeil gauche, Mathieu mange avec difficulté et affirme avoir les dents qui saignent. Il ne parvient toujours pas à digérer ce qu'il qualifie de "violence gratuite". 

"Dans son rapport, le policier a dit que j'étais insolent. Quand on m'a dit « dégage de la route, bouge de là », je pense logiquement que j'ai dû répondre de manière agressive. Mais à aucun moment je ne savais que les personnes qui me parlaient étaient des policiers. Et ils ne se sont pas non plus identifiés en tant que tels" explique amèrement le convalescent.

Lors de l'agression, Miguel, le beau-frère de Mathieu a assisté à une partie de la scène. Lui aussi a fait face à une réaction disproportionnée de la part des policiers. 
 
"J'étais un peu plus avancé que Mathieu, je n'ai pas vu le début du problème. J'ai juste vu le chauffeur descendre et lui mettre un coup de matraque au niveau de la tête. Mathieu s'est effondré par terre et c'est là qu'il a perdu connaissance. Je me suis dit qu'on était tombés sur une bande organisée. En me précipitant pour demander ce qui se passait, on m'a aspergé du gaz lacrymogène" affirme Miguel.
 
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Une plainte déposée auprès de l'IGPN

Pour défendre ses droits, Mathieu a fait appel à l'avocat Alex Ursulet. Ce dernier a déposé une plainte pour violence aggravée par personne dépositaire de l'autorité publique. L'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a également été saisie.

"Non seulement les policiers ont blessé ce garçon de manière disproportionnée mais en plus ils l'ont convoqué pour une sanction, un rappel à la loi. Quel est le rapport entre ce rappel à la loi et les quinze jours d'ITT avec lesquels il se retrouve ?" s'interroge Maître Ursulet, qui évoque des "violences policières inadmissibles".

Interrogé sur les évènements du 13 juillet, le commissariat du XVIIe arrondissement nous a redirigé vers la préfecture de Paris. Laquelle s'est abstenue de tout commentaire.

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