La crise en Guadeloupe s'invite dans la campagne présidentielle

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Barrage au rond-point de Perrin aux Abymes, en Guadeloupe le 17 novembre. ©CARLA BERNHARDT / AFP
Rétablir l'ordre au plus vite ou s'atteler à des mesures sociales d'envergure : droite et gauche conviennent de l'urgence d'agir en Guadeloupe, secouée par une crise violente qui pose un défi à l'exécutif à cinq mois de la présidentielle.

Emmanuel Macron a lancé lundi un appel au calme face à la "crise très explosive" en Guadeloupe. Le chef de l'État – qui s'exprimait pour la première fois depuis le début des tensions - a assuré la Guadeloupe de la "solidarité" de la nation et demandé à "ne rien céder au mensonge et à la manipulation par certains de cette situation".

Les renforts de forces de l'ordre salués

"Il faut une réponse sécuritaire", car "les émeutes, certains fauteurs de troubles (...), les barricades, les pillages", sont "déconnectés de la situation sanitaire", souligne Xavier Bertrand, candidat à l'investiture LR. "Ensuite, le dialogue avec les élus, mais sur place", a-t-il ajouté sur France Inter, regrettant que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ne se soit pas rendu en Guadeloupe.

Sa concurrente à droite, Valérie Pécresse, souligne la nécessité de "s'appuyer sur les élus de terrain" pour "convaincre sur l'aspect sanitaire" de la vaccination. "La présidence verticale, ça ne marche pas, il faut utiliser les relais de confiance", a-t-elle résumé sur Cnews. Au PS, la candidate Anne Hidalgo a appelé à "restaurer le dialogue", dimanche sur TF1, face aux violences "insupportables". Jean Castex s'entretient avec des élus de Guadeloupe ce lundi soir à Matignon ou en visioconférence.

La candidate RN Marine Le Pen a certes appelé samedi à "rétabli(r) l'ordre", mais aussi à "écout(er) la colère de nos compatriotes guadeloupéens", car "le passe sanitaire constitue la goutte d'eau qui fait déborder le vase". "Il va bien falloir, une fois l'ordre rétabli, s'attaquer aux problèmes fondamentaux que rencontrent nos compatriotes en Outre-mer" et à leur "sentiment d'abandon", a précisé le porte-parole du RN Sébastien Chenu lundi sur RFI.

Les racines sociales de la crise

Philippe Poutou s'insurge de don côté de ces renforts policiers. Dans un long communiqué, le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste appelle à la solidarité avec les manifestants. "Refusons le traitement policier de la crise sociale aux Antilles, solidarité avec les populations de Guadeloupe et de Martinique, soutien à la grève générale !"

"C'est quoi 'l'ordre républicain' quand un tiers de la Guadeloupe n'a même plus accès à l'eau courante", interroge, quant à lui, le numéro deux de LFI Adrien Quatennens. Alors "ça suffit d'invoquer la 'République' pour justifier la répression !", a-t-il lancé sur Twitter à l'adresse d'Aurore Bergé.

Chez les écologistes, le candidat Yannick Jadot a jugé dimanche sur LCI "normal que l'État engage des forces pour rétablir la paix en Guadeloupe". Mais il a aussi pointé "la responsabilité de ce gouvernement" mais aussi "de l'État depuis plus longtemps que ça", qui s'est "pendant des décennies désengagé de ces territoires, laissant parfois les services publics, les situations sociales dramatiques, très loin des exigences qu'on a en métropole".

Polémique dans le débat : son soutien à l'envoi de renforts policiers lui a valu les foudres du candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, qui a dit sur Twitter son "désaccord complet"