La Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage lance le Mois des Mémoires, marqué par l'anniversaire de la loi Taubira

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L'édition 2021 du Mois des Mémoires de la Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage sera l'occasion d'un bilan de la loi Taubira, vingt ans après son adoption à l'unanimité par le Parlement. ©Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage

Vingt ans après la loi Taubira qui a permis la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité, la Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage lance ce 27 avril le Mois des Mémoires. Un temps de commémoration et de bilan consacré à ce pan de l'Histoire parfois méconnu.

Du 27 avril, date anniversaire de la deuxième abolition de l'esclavage et de l'abolition à Mayotte, au 10 mai, la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, l'édition 2021 du "Mois des mémoires" est lancé par la Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage (FME). Un mois de commémorations, d'expositions, de projections, de spectacles et de conférences pour "dire toute l'Histoire, y compris la plus douloureuse", explique Jean-Marc Ayrault, président de la FME.

► Le bilan de la loi Taubira

Si le Mois des Mémoires existe depuis une quinzaine d'années, il est pour cette nouvelle édition marqué par l'anniversaire la loi Taubira, adoptée le 10 mai 2001 et tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. "C'est une année pas comme les autres", admet Jean-Marc Ayrault, qui indique qu'avec "le puissant levier" qu'est cette loi, cette édition sera "plus consistante, plus visible et plus proche des territoires."

Ce n'est pas une commémoration pour une commémoration, ce sont les leçons qu'on tire de tout ce qui a été fait depuis 20 ans. Cette loi a été adoptée à l'unanimité et c'est assez rare, c'est un acte politique majeur et ce sont les conséquences de cet acte que nous allons regarder. 

Jean-Marc Ayrault

 

►Deux cérémonies nationales

Comme chaque année, plusieurs commémorations sont organisées dans toute la France. Au niveau national, deux cérémonies sont prévues. Une première le 10 mai dans le jardin du Luxembourg à Paris et une seconde, le 23 mai, à l'occasion de la journée nationale d'hommage aux victimes de l'esclavage. Deux dates qui ne font pas l'unanimité auprès des associations ou même des territoires ultramarins, tous ayant des dates de commémoration propres à leurs histoires.

Le CM98, qui avait organisé la première marche en mémoire de l'abolition de l'esclavage le 23 mai 1998, y a ainsi vu une "hiérarchisation des dates de commémoration", poussant son président, Emmanuel Gordien, à démissionner du conseil d'administration de la FME à la veille du Mois des Mémoires.

Le 23 mai n'a jamais été considéré par la FME comme une date nationale. Le 23 mai a été et est, dans les faits, « une date de trop ». (...) Il s'agit d'une attaque contre le combat populaire que nous avons dirigé et qui a donné à la France le régime mémoriel de l'esclavage le plus avancé au monde. En conséquence, nous avons décidé de quitter cette organisation partisane qu'est la FME.

communiqué du CM98

 


Interrogé à ce sujet par Outre-mer la 1ère, Jean-Marc Ayrault s'est dit "surpris" par cette décision, souhaitant "rassurer" sur le fait qu'"il y a bien deux dates nationales, le 10 mai et le 23 mai", comme le mentionne la circulaire du Premier ministre. "Je rappelle que le CM98 a joué un rôle important et je salue leur travail, a ajouté le président de la FME. Ils ont bien sûr toute leur place."

► France Télévisions, partenaire officiel

Partenaire de la FME, France Télévisions sera mobilisé tout au long du Mois des Mémoires. Sur le portail Outre-mer la 1ère, sur la plateforme éducative Lumni mais également sur France 3 avec notamment un numéro spécial de l'émission Secrets d'Histoire, animé par Stéphane Bern et consacré à Toussaint Louverture, diffusé le 10 mai à 21h05.

► Impliquer les collectivités et les rectorats

Les collectivités locales et les rectorats sont invités à organiser des évènements durant le mois des mémoires. La FME met à disposition un kit pour les préparer, mais également l'exposition itinérante #Cestmonhistoire, qui retrace quatre siècles d'Histoire.

La sixième édition du concours La flamme de l'égalité, qui vient récompenser des projets scolaires sur l'histoire, la mémoire ou les conséquences de l'esclavage et des traites, a connu cette année une hausse des participations, indique la FME. 4500 élèves ont proposé 250 projets, dont trois ont été retenus. "Le premier prix a été attribué à une école de Polynésie qui a fait un slam sur l'esclavage", a précisé Jean-Marc Ayrault.

Un dispositif numérique sera aussi mis en place avec plusieurs partenariats, des podcasts, des lives... Enfin, un clip de 30 secondes a été réalisé par Leïla Sy, connue notamment pour son film Banlieusards avec Kery James. Il sera diffusé sur les antennes de France Télévision et sur les réseaux sociaux de la FME.