La France insoumise lance une commission d'enquête parlementaire sur la privatisation de l'eau, Outre-mer et dans l'Hexagone

politique
Robinet
Robinet vide dans de trop nombreux foyers martiniquais ! ©Martinique la 1ère

Alors que Jean-Luc Mélenchon indique vouloir faire de l'accès à l'eau le "fil conducteur" de sa campagne présidentielle, La France insoumise officialise ce mercredi le lancement d'une commission d'enquête parlementaire consacrée à la gestion de la ressource en eau dans l’Hexagone et Outre-mer.

Le groupe parlementaire de La France insoumise a officialisé ce mercredi 3 février au cours d'une conférence de presse le lancement d'une commission d'enquête parlementaire consacrée à la gestion de la ressource en eau en France, présidée par la vice-présidente du groupe Mathilde Panot. Les Insoumis comptent protester contre la "main basse des intérêts privés" et des "multinationales", a insisté la députée, qui critique un  "marché de l'eau extrêmement juteux et opaque". 

Le groupe LFI a utilisé son "droit de tirage " (une commission d'enquête par groupe et par session) pour créer une telle commission. Il veut prolonger sa proposition de loi constitutionnelle de décembre 2017 réclamant de faire de l'accès à l'eau "un droit inaliénable". Retrouvez ci-dessous un extrait de la conférence de presse, lorsque Jean-Luc Mélenchon évoque les problèmes de sécheresse dans les Outre-mer :

 

L'Outre-mer en première ligne

Mathilde Panot et son collègue Jean-Hugues Ratenon, élu de La Réunion, ont insisté sur les pénuries d'eau dans les territoires ultramarins au cours d'une conférence de presse ce mercredi 3 février. 

“En Outre-mer, un litre sur deux est perdu dans les canalisations”,a déclaré la députée qui espère mettre en lumière avec cette commission d’enquête “les conséquences de cette réalité qu’est l’accaparement de l’eau en France par des multinationales”.

Jean-Hugues Ratenon a donné l’exemple du “problème de pénurie d’eau à La Réunion qui a touché plusieurs communes. Deux raisons, ajoute-t-il : le problème de la pluviométrie et celui des canalisations où il y a peu d'investissements et où on perd beaucoup d’eau”.

Le député réunionnais a également rappelé la question des usines de potablisation de l’eau que “l’on attend toujours" "alors que la réglementation européenne l’impose sur ces territoires”.

Enfin, Jean-Hugues Ratenon a aussi évoqué la situation de Mayotte, où "50 % de la population n’est pas raccordée à l’eau”. Il s’agit  selon lui d’"un droit humain remis en cause et nous ne pouvons plus l’accepter”.

Six mois de travail

Les commissions d'enquête sont composées de trente membres au plus, désignés à la proportionnelle des groupes politiques. Leurs travaux ne peuvent excéder six mois. “Nous ferons aussi des recommandations et j’espère que nous pourrons faire des déplacements avec cette commission qui peut durer 6 mois avec remise de rapport en juillet”, a indiqué Mathilde Panot.

Parmi les pouvoirs de cette commission: les personnes sollicitées doivent se rendre à leur convocation, au besoin par huissier ou par la force publique. Les personnes sont entendues sous serment et doivent respecter le secret professionnel. Les sanctions prévues en cas de faux témoignage ou de subornation de témoin sont applicables.

L'eau comme fil conducteur pour 2022

Jean-Luc Mélenchon a indiqué ce mercredi à l'Assemblée nationale vouloir faire de la "question centrale" de l'accès à l'eau le "fil conducteur" de sa campagne pour la présidentielle de 2022. Le chef de file des Insoumis a évoqué une possible évolution du logo de LFI pour y intégrer une "goutte d'eau", tant la question de l'eau devient "centrale" sur le plan "politique", "économique" et "géopolitique", notamment en raison du réchauffement climatique.

Dans "la campagne présidentielle que j'anime, la question de l'eau jouera le rôle de fil conducteur entre plusieurs aspects de la politique que nous défendons", a-t-il annoncé lors de cette conférence de presse. "La question de l'eau a été au point de départ de plusieurs révolutions citoyennes dans le monde dans la période récente. Ce fut le cas au Liban, au Chili, en Equateur et dans plusieurs pays où se sont exprimés des grands mouvements de masse", a souligné Jean-Luc Mélenchon.