Route du Rhum 2022 : les enjeux de la course pour la Guadeloupe

voile la guadeloupe
Route du Rhum
L'équipe d'organisation et les élus politiques ©Alexis Courcoux
Camille Pelage était l'un des premiers élus à monter sur la scène du Nautic à Paris ce samedi. Le vice-président de la région Guadeloupe en a profité pour rappeler dans un entretien informel, l'importance de cette course, profondément ancrée dans la paysage et l'économie guadeloupéenne.

Le départ de la 12e édition de la Route du Rhum sera donné le 6 novembre 2022 de Saint-Malo. Camille Pelage, vice-président de la région Guadeloupe, revient sur les enjeux de la course pour le territoire.

La Route du Rhum destination Guadeloupe arrive, elle est là, tout le monde l’attend, comment abordez-vous cette douzième édition ?

Au-delà de la course c’est tout l’apport économique, toute cette visibilité, tout ce côté qui sied à la Guadeloupe, le côté humain, la biodiversité, le développement durable. La Guadeloupe véhicule cette ouverture au monde, c’est ça que porte la Route du Rhum. Derrière ce que certains considèrent comme de l’évènementiel, il y beaucoup plus.

Il y a un territoire qui s’ouvre à l’économie bleue (liée aux océans, aux mers et aux côtes, ndlr) et qui entend défendre tous ses atouts en termes de bassin nautique, d’emploi, d’activités, de formations. Il nous faut proposer aux jeunes ce secteur d’activité dont les retombées sont énormes. Nous sommes en pleine constitution de l’Institut des métiers de la mer, où nous voulons former du matelot jusqu’au cadres. Un bateau c’est une maison, il y a tout à faire dedans. L’économie bleue c’est aussi du nautisme et des loisirs mais avec des personnes qui seront formées.

Cette course c’est l’occasion pour nous de montrer que la Guadeloupe peut apporter et proposer des pistes d’emplois pour nos jeunes.

Camille Pelage, vice-président de la région Guadeloupe

 

La Guadeloupe ne donne pas pour l’instant une image positive. Dans le contexte social actuel difficile, est-ce qu’avec la Route du Rhum vous voulez dire, stop ça suffit? Quelle réponse apportez-vous aux critiques ?

Il n’y a pas de comparaison à faire entre une transat de renom et un évènement conjoncturel, la Guadeloupe se pose des questions c’est normal. Nous avons été élus en juin, sur un programme que nous défendons, et nous sommes prêts à entendre les critiques, bonnes ou mauvaises, et nous gardons la porte ouverte. L’essentiel est de travailler et de donner des bonnes réponses, d’avoir les vrais chiffres.

Cette ouverture médiatique et populaire est une réelle opportunité pour les Guadeloupéens, c’est à nous d’en faire ce que nous voulons. Les Guadeloupéens, dans leur grande majorité, savent ce que la Route du Rhum leur apporte. D’ailleurs si cet évènement dure depuis plus de 40 ans, avec douze éditions c’est qu’il y a vraiment un ancrage territorial. 

La Route du Rhum a toujours précédé une période de croissance exponentielle de la Guadeloupe, et ça ne s’est jamais contredit, et c’est ça la réalité.

Camille Pelage, vice-président de la région Guadeloupe

 

Dans un an tout sera apaisé et la paix sociale sera revenue ? Les Guadeloupéens se sont appropriés cette course depuis si longtemps...

Il n y a pas de parallèle à faire, je le redis, mais attention, la Route du Rhum ce n’est pas une baguette magique et une solution à tous nos problèmes. Il y a des problèmes et des solutions offertes, avec l’économie bleue nous avons des pistes de solutions pour développer la Guadeloupe et il n y a pas que ça. Aujourd’hui on est en dialogues avec ceux qui ont des choses à faire valoir. Cette course est un outil qui apporte beaucoup, pas tout, ce n’est que la Route du Rhum.

La crise Covid vous a impactée fortement, êtes-vous prêts au cas où le virus vienne troubler l'évènement ? 

Nous sommes obligés de gérer tout l’avenir avec des conditions Covid, nous n’avons pas de boule de cristal mais, nous avons le recul,  nous savons gérer les entrée et sorties, avec masque et gestes barrières. Nous devons proposer cette capacité d’adaptation, et c’est pour cela que la Route du Rhum perdure.

Au niveau sportif, cette année sera enfin la bonne pour un marin guadeloupéen ? On se pose toujours la question..

Les choix sont resserrés au niveau sportif, c’est ce que nous avons voulu à travers le projet de Rodolphe Sepho que nous accompagnons. Il faut arrêter de faire du saupoudrage et nous avons de vraies ambitions, c’est de figurer au haut de la liste.

Les skippers le disent ça ne sert à rien d’envoyer quelqu’un faire la Route du Rhum avec une préparation bâclée. Nous ne pourrons pas accompagner tout le monde même si on l’aurait souhaité, il y a des projets qui sortent du lot où les Guadeloupéens sont en capacité de jouer les têtes d’affiche. C’est ce que nous espérons fortement.