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Laura Flessel en première ligne contre l'homophobie dans le sport

A l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, la ministre des sports participe ce jeudi 17 mai à un colloque sur la prévention de l'homophobie dans le sport. De nombreux exemples et enquêtes d'opinion démontrent que le combat est encore loin d'être gagné. 

© LUDOVIC MARIN / AFP
© LUDOVIC MARIN / AFP
  • Par Pierre Lacombe
  • Publié le
La ministre des sports, Laura Flessel, ne ménage ni son temps, ni ses efforts dans la lutte contre les discriminations.

Après avoir lancé au mois de mars dernier une campagne, baptisée "Ex-Aequo - Parfois l'égalité est une victoire", la ministre a participé ce jeudi 17 mai à un colloque sur la prévention de l'homophobie dans le sport et dévoilée cette photo prise lors de sa nomination au gouvernement.

Sur cette photo (ci-dessous), on peut l'apercevoir aux côtés de Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Les deux femmes forment un couple (ci-dessous). Olivier Ciappa le photographe réalise une série de photos engagées contre les discriminations et en particulier l'homophobie. 

 

La ministre a indiqué qu'elle réunira tous les ministres des sports européens le 31 mai pour travailler dans la lutte contre toutes formes de discriminations et a confirmé qu'elle se rendrait bien en Russie pour assister à la Coupe du Monde. Dans ce pays,  toute "relations non-conventionnelle" est punie par la loi de 2013 qui punit d'amendes et de peines de prisons "la propagande gay". 


Un Français sur trois tient des propos homophobes devant les matchs  

Dans le sport les propos homophobes ont tendance à se banaliser. Selon une enquête réalisée par Ipsos et intitulée "Les Français et l'homosexualité dans le football", un Français sur trois reconnaît tenir des propos homophobes devant les matchs de football, selon FranceInfo.

A la question, "quand on regarde/assiste à un match de football, certaines expressions sont souvent employées, comme 'pédé', 'tarlouze' ou 'tapette'. Vous personnellement, vous arrive-t-il de dire l’une ou plusieurs de ces expressions ?", quelque 34% des personnes interrogées ont répondu "oui" à des degrés divers : "systématiquement", "souvent" ou "rarement". Parallèlement, ceux qui tiennent ces propos les minimisent, estimant qu'ils sont "sans rapport avec l'homosexualité".

Mais ils considèrent que "ces propos font partie du 'folklore' du football et n'ont pas de connotation homophobe", résume l'institut dans une note de synthèse.

Une action en justice contre la Ligue Française de Football

Le collectif Rouge Direct et l'association Stop Homophobie a décidé de lancer une action en justice contre la Ligue de Football Professionnel (LFP), afin que l'homophobie soit condamnée sur les terrains, et en tribunes", écrit le collectif dans un communiqué publié sur son site.

Le "laisser-faire" face aux actes et aux propos homophobes reste la règle pour la LFP, chargée, par délégation de service public, de réglementer les compétitions de football professionnel en France, leur organisation et leur sécurité. Cette inaction est une faute grave qui autorise tous les débordements homophobes" (Rouge direct)


Les actes homophobes augmentent 

L'an dernier, "SOS Homophobie a recueilli 1.650 témoignages d'actes (homophobes)", en augmentation de 4,8% par rapport à 2016 (1.575 témoignages), une année qui avait déjà enregistré une forte hausse (+19,5%), observe l'association.

Après le pic constaté en 2013 (3.517 témoignages), lié à l'adoption de la loi sur le mariage pour tous, le niveau "se situe dans la fourchette haute" des années qui ont précédé la loi Taubira, souligne SOS Homophobie.



Parmi les témoignages recueillis, dont certains pouvaient cumuler plusieurs actes homophobes, les manifestations de rejet (62%) et les insultes (52%) sont les faits les plus fréquemment relevés, devant les cas de discrimination (34%), de harcèlement (20%) et de menaces et chantage (19%).

Plus inquiétant, les agressions physiques repartent à la hausse après plusieurs années de baisse, avec 139 cas recensés en 2017, contre 121 en 2016 (+15%), selon ce rapport.

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