Le break dancer guyanais Dany Dann en route vers l’Olympe

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Dany Dann Insep
Depuis son intégration en équipe de France, Dany Dann, s'entraîne au sein de l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP). ©Carla Bucero Lanzi
En décembre 2020, le Comité International Olympique a inscrit au programme des Jeux le breakdance. Cette nouvelle discipline fera sa première apparition à Paris 2024. Une équipe de France a ainsi été créée. Le danseur de breakdance guyanais Dany Dann, champion de France en titre, en fait partie. De ses débuts à Saint-Laurent-du-Maroni, en passant par son groupe de danse à Perpignan, aujourd’hui, il bénéficie d’une préparation à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP), “un rêve d’enfant” pour le danseur.

Plus qu’un sportif, c’est un passionné qui foule le sol de la salle de danse de l’Insep, le temple du sport de haut-niveau. Lieu que le Guyanais Dany Dann n’aurait imaginé un jour intégrer. “C’était inimaginable pour moi de base. Étant petit, on regardait tous les Jeux Olympiques. J’ai eu des coups de cœur pour des sportifs comme Stéphane Diagana, Marie-José Pérec. Je me reconnaissais dans ce qu’ils faisaient, je ne savais pas quel sport faire pour rejoindre leur niveau. J'ai laissé tomber ce rêve d’enfant. Lorsque l’opportunité d’intégrer ce haut-niveau s’est présentée à moi, je me suis dit, c'est maintenant qu’il faut que je prenne le train”, confie-t-il à La 1ère qui l’a rencontré pendant ses journées de préparation.

Dans le milieu du Breakdance, il s’est déjà fait un nom par ses résultats sportifs. Il est redevenu champion de France le 12 juin dernier à Bordeaux. Ce sport, il l'a découvert par hasard à Saint-Laurent-du-Maroni, en passant devant le cours de danse de son cousin. “J’ai commencé à danser en Guyane, en 2003, avec ou grâce à mon cousin. Je suis tombé dessus par hasard, je suis resté une heure et demie devant la salle de danse parce que j’étais vraiment ébloui. Je ne connaissais pas cette pratique. À la fin du cours, je suis reparti avec mon cousin. En arrivant dans sa chambre, on a mis le matelas par terre, il m’a montré ce qu’il avait vu dans la journée et je suis tombé amoureux direct. Je jonglais entre le foot et la danse et… mon cœur a penché pour la danse.”

Sa passion rythmant sa vie, il décide alors de quitter Saint-Laurent-du-Maroni en 2008, pour tenter sa chance dans l’Hexagone, toujours en partageant l’aventure avec son cousin. Un déclic venu en regardant des vidéos de danseurs en Europe : “En termes de niveau, on se rapprochait d’eux, mais tant qu’on ne les avait pas affrontés, on ne pouvait pas savoir vraiment notre niveau et l’objectif était de représenter la Guyane. Alors, on s’est dit ‘on vient pour tout casser et pour la victoire’ ! C’est ce qui nous a motivés.”

Une nouvelle vie d’athlète de haut-niveau

Imaginer qu’un jour sa danse deviendrait une discipline olympique, “c’est un rêve que je suis en train de réaliser.” C’est ainsi que la première équipe de France senior de Breakdance est créée et inscrite au programme de l’Insep qui forme une grande partie des champions olympiques français. Depuis lundi 4 juillet, ses journées sont rythmées par de la préparation physique - musculation, cardio - mais aussi de la préparation mentale.

Dany Dann entrainement insep
Imaginer qu’un jour sa danse deviendrait une discipline olympique “c’est un rêve que je suis en train de réaliser.” ©Carla Bucero Lanzi

“Depuis que je suis ici, je vois que du côté de la performance, il y a un changement. Que ce soit en termes de cardio ou en termes de récupération, tout est plus organisé. J'essaye d’allier les deux côtés : athlète et danse. Tout en étant vraiment en symbiose par rapport à ma danse et les résultats sont là.”

Dany Dann partage ses entraînements avec la breaking girl Carlota Dudek âgée de 20 ans et membre également de l’équipe de France. Elle apprécie s’entraîner avec le Guyanais : “Dany, sa principale qualité, ça va être son personnage. Il va s’amuser, poser ses mouvements, et c’est aussi un challenger. J’aime l'accompagner, il me booste, cette énergie qu’il apporte est juste géniale, il met en valeur dans ses battles et c’est ça qui est bien.” C’est Abdel Mustapha, entraîneur et coordinateur national de breaking, qui supervise la préparation. Pour lui, le danseur “retranscrit bien son histoire. Dany, il vient de Guyane, on retrouve même des mouvements propres à ce territoire dans sa manière de danser, de s’exprimer.

Même s’il poursuit son rêve loin de Saint-Laurent-du-Maroni, Dany Dann reste très attaché à ses racines, en plus de défendre le drapeau tricolore, il tient à être un ambassadeur de sa région : “Je suis content de mettre la Guyane sur la carte. Les gens se disent Danny vient de Guyane donc ils savent où ça se situe maintenant.”

Il s'est envolé en fin de semaine pour les jeux mondiaux “l’objectif : aller chercher la première place. Je n’y vais pas pour autre chose.” En décembre, il espère décrocher une autre médaille aux championnats du monde en Chine, avant d’aller chercher l’or aux Jeux Olympiques de Paris 2024.