"Le ciel s’est assombri ces dernières semaines et nous sommes inquiets", lance l’union des producteurs de banane antillaise

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Bananier
Bananier des Antilles Françaises. ©Aurélie Treuil
La guerre en Ukraine et ses conséquences inattendues. À leur tour, les producteurs de banane de Martinique et de Guadeloupe sont inquiets. En cause, l’augmentation du prix de l’énergie mais ils craignent aussi de voir le marché européen saturé par des bananes étrangères.

Jusqu’ici tout va bien mais l’avenir inquiète les producteurs de banane antillaise. Car si la production se maintient, le prix de vente lui a baissé l’an passé.


Un mauvais signe pour l’UGBPAN, l’union des groupements de producteurs de banane de Guadeloupe et Martinique. Et les choses ne devraient pas s’arranger. D’autant plus que la situation à l’Est de l’Europe et la guerre en Ukraine pourraient bien avoir des conséquences financières pour la banane antillaise. Par effet domino, des volumes de bananes étrangères, habituellement réservées aux marchés de l’Est risquent de se retrouver, faute d’acheteur, sur les marchés français et européen. De quoi impacter le prix de la banane de Martinique ou de Guadeloupe, de meilleure qualité mais aussi plus chère et donc moins attractive pour certains clients.

Une concurrence accrue sur un marché restreint

Le marché russe et celui des pays alentours représente 2 millions de tonnes par an, soit 2 millions de caisses par semaine. Quelle quantité de ces caisses seront déversées en Europe ? C'est toute la question.

Le marché européen, représente 7 millions de caisses par semaine, un afflux de plusieurs millions de bananes supplémentaires, pourrait être une catastrophe selon Pierre Monteux le directeur général de l’union des groupements de banane de Guadeloupe et de Martinique.

Autre conséquence, plus attendue, celle-là : la hausse du prix de l’énergie et des engrais. Elle aussi est redoutée par l’UGPBAN. Les engrais, notamment, sont fait à partir de gaz en provenance de Russie et de potasse, également, importée de l’Est. D’où des risques de pénurie ou d’augmentation sensible de leur prix. "C’est clair qu'à un moment donné nos producteurs peuvent faire des impasses au niveau de l’engrais. Et à partir du moment où on fait l’impasse sur l’engrais, c’est toute la mécanique qui s’enraille", souligne Pierre Monteux.

Les prix du carton et du bois s’envolent aussi. La dépense supplémentaire se monte déjà à plusieurs centimes d’euros selon les producteurs antillais. Une dépense que la grande distribution, dernier maillon de la chaîne, avant le porte-monnaie des clients, peine à prendre en compte.

De là à voir le prix de la banane antillaise augmenter, l’UGPBAN ne l’évoque pas. Quoiqu’il arrive, les producteurs comptent sur la qualité "made in France" et ses critères stricts de production pour séduire les acheteurs malgré tout.