Le recours “massif” au chômage partiel a permis de préserver l’emploi dans les Outre-mer, selon l’Insee

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L’emploi salarié retrouve son niveau d’avant la crise sanitaire.
L’emploi salarié retrouve son niveau d’avant la crise sanitaire à La Réunion. ©Imaz Press

Le recours au chômage partiel en 2020, dans un contexte de crise sanitaire, a largement permis de sauvegarder des emplois en Guyane, Guadeloupe, Martinique et à La Réunion, révèle une étude de l'Insee publiée mercredi 5 mai.

Emplois préservés, baisse du chômage en “trompe-l'oeil”... Dans une nouvelle étude publiée mercredi 5 mai, l'Institut national de la statistique et des études économiques fait le point sur l’état du marché du travail dans les “DOM historiques” sur l’année 2020. Et le résultat n’est pas aussi catastrophique que ce que le contexte actuel pourrait laisser penser.

Un taux d’activité qui se maintient

Dans les territoires d’Outre-mer concernés par l’étude (Martinique, Guyane, Guadeloupe et La Réunion), le taux d'activité des 15-64 ans résiste et se maintient en 2020. Il augmente même à La Réunion (+2 points) et en Guadeloupe (+1 point). En Martinique, il est en recul de 1 point par rapport à 2019.

Un recours “massif” au chômage partiel

Pour l’Insee, c’est le recours massif au chômage partiel qui a permis de limiter la casse. Car si le taux d’activité des 15-64 ans reste stable sur ces territoires, le nombre d’heures travaillées est lui en nette baisse. Le volume moyen d'heures travaillées chute ainsi de 11 % en 2020, en Guadeloupe. 

En cette période de pandémie mondiale, le recours au chômage partiel est largement répandu en France et se fait plus prononcé durant les périodes de confinement. Dans certains territoires d’Outre-mer, on y a eu davantage recours que dans l’Hexagone. “En Guyane et en Guadeloupe, en moyenne sur l’année 2020, 7 % des personnes en emploi se déclarent au chômage partiel, légèrement plus qu’en Martinique et en France métropolitaine (6 %). À La Réunion, 4 % des personnes sont dans ce cas”, détaille l’Insee. 

 


Une baisse du chômage en trompe-l’oeil

Dans le même temps, le taux de chômage de certains territoires ultramarins est en baisse et atteint son point le plus bas au deuxième trimestre 2020, “comme en France métropolitaine, mais sa chute y est plus prononcée”, précise l’institut d’études statistiques. Il s’établit ainsi à 8,2% en Guyane, soit une baisse de 11,7 points par rapport à l’année précédente. Même tendance en Martinique, en Guadeloupe et La Réunion où le taux de chômage s’élève respectivement à 8,5%, 11,2% et 13,4%, soit une baisse de 6,1 ; 8,2 et 8,7 points. 

Mais ces données sont à prendre avec des pincettes. Pour l’Insee, la baisse du chômage s’explique en fait en partie par “l’arrêt de certaines activités et les restrictions de circulation" qui ont limitées "drastiquement les possibilités de rechercher un emploi et la disponibilité pour travailler”. Une baisse du chômage “en trompe l’oeil” donc. 

Au troisième trimestre de 2020, le déconfinement s'accompagne en effet d’une “vive” remontée du chômage, qui a quasiment retrouvé son niveau de 2019 dans ces territoires d’Outre-mer.

Le cas de Mayotte

L’étude classe le cas de Mayotte à part, les collectes de données n’étant pas effectuées de la même manière que dans les autres “DOM historiques”. L’impact de la crise sanitaire sur l’emploi se fait davantage sentir sur l'île. “Déjà faible, le taux d’emploi des 15-64 ans a perdu 3 points au deuxième trimestre 2020 (passant de 34 % à 31 %)”, relève l’Insee. Le taux de chômage est lui en recul, à l’instar des autres territoires. Mais, là aussi, cette baisse s’explique notamment par les “difficultés à effectuer des recherches actives d’emploi” durant cette période.