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Le scénario incroyable et sordide de la mort du jeune Réunionnais Antoine Dupont

La découverte mercredi du corps du jeune Réunionnais, Antoine Dupont, 15 ans, dans un canal, a suscité une très vive émotion, mais aussi une profonde colère des habitants de Gonnehem, dans le Pas-de-Calais. Le beau-père de l'adolescent qui a avoué mardi le crime n'a jamais rien laissé paraître. 

© France 3 / AFP
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  • Par Pierre Lacombe
  • Publié le , mis à jour le
Depuis les aveux, ce mardi, du beau-père d'Antoine, les habitants de Gonnehem sont sous le choc. Personne dans cette petite ville de 2 000 habitants ne comprend comment cet homme a-t-il pu commettre ce crime et les manipuler à ce point.  "Ce type nous a baladés depuis tous ces mois, je n'arrive pas à comprendre comment il a pu simuler aussi longtemps. D'autant qu'il a le profil du type qui ne ferait pas de mal à une mouche", raconte Dany, un ami de la famille.
© France 3
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Un voisin raconte qu'il voyait "Marc" deux fois par semaine et discutait avec lui. Aujourd'hui, les larmes aux yeux, il se dit "choqué, bouleversé". Il n'arrive pas à y croire. Une voisine qui connaît bien la mère d'Antoine témoigne dans la Voix du Nord : "Elle disait qu’il a toujours été patient avec lui, qu’il ne lui aurait jamais fait quoi que ce soit. Elle n’avait pas de doutes. Cette Réunionnaise a un caractère incroyable. Elle n’envisageait pas le pire. Elle intériorise tout." 

Dany, lui, affirme avoir eu souvent des doutes sur le beau-père d'Antoine : "Plusieurs fois, j'ai eu envie de le coincer dans un coin, persuadé qu'il aurait vite craqué si c'était lui. J'ai eu peur de me tromper alors je ne l'ai pas fait. Je me suis confié à ses frères et à ses soeurs qui ne me contredisaient pas."

Ce que l'on sait sur sa disparition

Antoine n'avait plus donné signe de vie depuis le 28 janvier 2015. Aucune trace, aucun signe de vie, Antoine demeure introuvable. Quand sa maman rentre du travail vers 19 h, il n’est toujours pas là et ne répond pas aux appels, lui qui prévient toujours s’il reste chez un copain. Le lendemain midi, les gendarmes sont alertés, les recherches débutent…Maître-chiens, hélicoptères, plongeurs ont ratissé la campagne, sans succès.

Le beau-père d'Antoine s'est beaucoup investi dans les recherches, ne négligeant pas non plus des interventions dans les médias. Le Beau-père avait également accordé une interview à nos confrères de France 3. Il ne laissait rien paraître de son implication dans la mort d'Antoine. Regardez: 


Comment l'enquête s'est-elle accélérée ? 

L'enquête était au point mort jusqu'à ce que le parquet élargisse à "assassinat" les termes de l'enquête, permettant de la reprendre à zéro et d'effectuer des gardes à vue de longue durée. "Nous avons alors commencé avec la personne qui l'avait vu pour la dernière fois en vie, son beau-père. Tard dans la soirée de mardi, il a effectué des aveux complets, en présence de son avocat, avec des détails très précis sur la façon dont il avait tué le jeune", a expliqué à l'AFP le procureur de Béthune, Philippe Peyroux. 

Des longues heures d'audition avant des aveux circonstanciés et précis. "Sur les indications" du meurtrier présumé, la bâche avec laquelle le corps a été transporté jusqu'au fleuve a été retrouvée, de même que "du fil de fer servant à attacher les parpaings". "On avait quelques soupçons mais on n'arrivait pas à les concrétiser", a précisé le procureur. Le père d'Antoine, joint au téléphone ce jeudi matin, est formel : il a indiqué rapidement aux gendarmes qu'il avait des soupçons sur Marc Demeulemeester. "Quelques jours après la disparition d'Antoine, Marc m'a dit : "Antoine a dû être assommé, mis dans une voiture, jeté quelque part. Ça m'a semblé bizarre qu'il évoque ce scénario. Je l'ai dit aux gendarmes mais j'ai l'impression qu'ils ne m'ont pas cru."

Ce que l'on sait sur les circonstances de la mort d'Antoine

Lors de sa garde à vue, le beau-père a expliqué aux gendarmes qu'il avait attendu que sa compagne parte au travail pour étrangler l'enfant dans son sommeil avec du fil de fer. Il aurait ensuite recouvert le corps d'une bâche et l'aurait lesté avec des parpaings pour empêcher que le corps ne remonte à la surface. 

Régulièrement, depuis il se rendait dans un magasin de bricolage Brico-dépôt pour aller acheter des parpaings, qu'il jetait discrètement à l'eau, par peur de voir le corps remonter. Une quarantaine de parpaings ont été retrouvés ce jeudi par les plongeurs comme le montre le reportage ci-dessous de nos confrères de France 3 Nord-Pas-de-Calais
 
© France 3
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Sans emploi, âgé de 45 ans, Marc Demeleumeester vivait avec la mère d'Antoine. Dès l'annonce de la disparition de son beau-fils, il s'est montré actif dans les recherches. Il organisait les battues, répondait aux médias. En avril 2015, Il dirigeait précisément la grande battue avec de nombreux anonymes à Gonnehem. On sait maintenant qu'il orientait les personnes loin du secteur où le corps d'Antoine a été retrouvé. Ce jour-là, il s'était montré ému et déterminé : "J'ai nommé des chefs d'équipe, suivant les bois, les rivières, les cours d'eau. Il faut que ce soit efficace. Le but c'est d'essayer de trouver un indice, de s'orienter vers une piste ou une autre." 

Selon le procureur de Béthune, il a même envoyé un courrier au président de la République dénonçant le manque de moyens supposé des gendarmes-enquêteurs. Le crime, précise le procureur, pourrait s'expliquer par le fait que les relations entre le beau-père et l'adolescent "n'étaient pas au beau fixe". 
Désormais placé sous mandat de dépôt, le beau-père, qui a tout avoué lors de sa garde à vue en début de semaine, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Regardez le reportage de nos confrères de France 3 Nord-Pas-de-Calais : 

Une page Facebook rend hommage à Antoine, cliquez ici 
 
 

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