Le terme Hexagone ne remplacera pas celui de Métropole dans les textes officiels

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Maina Sage à l'Assemblée nationale
La députée de Polynésie, Maina Sage, à l'Assemblée nationale (juillet 2017). ©JACQUES DEMARTHON / AFP

Lors de l’examen du projet de loi sur le Climat, la députée polynésienne Maina Sage a proposé de remplacer le terme "Métropole" par le terme "Hexagone" dans les textes officiels. Mais l'amendement a été rejeté à une voix d'écart, ce vendredi 16 avril 2021 à l'Assemblée nationale.

Faut-il arrêter d’utiliser le terme "Métropole" dans les textes officiels pour le remplacer par le terme "Hexagone" ? C'est ce qu’a proposé la députée de la Polynésie française Maina Sage (Agir ensemble), par voie d’amendement lors de l’examen du projet de loi sur le Climat. Car ce terme, connoté, renvoie au passé colonial :

“Je sais qu’ici on ne se rend pas toujours compte mais je voudrais vous dire que beaucoup de députés ultramarins ont soutenu cet amendement parce qu’en Outre-mer c’est un terme qui pour nous est désuet et qui fait partie d’une autre histoire. La France du 21ème siècle, ce n’est plus la France qui se considère être la métropole par rapport à nos territoires. 

Maina Sage

 

Evidemment, le sujet peut paraître inattendu au moment de parler de biodoversité et d’aborder le chapitre des “aires protégées”. Le rapporteur Lionel Causse (LaREM) n' a d'ailleurs pas manqué de le rappeler, insistant sur le fait qu’il ne souhaitait pas prendre de "risque sur le plan juridique". “Je pense que c’est un amendement d’appel et qu’il mérite une réflexion plus générale”, a-t-il indiqué.

 

Soutien de plusieurs partis

Maina Sage tient néanmoins à défendre cette demande déjà ancienne, celle “de gommer de nos textes le terme Métropole, qui je vous le dis, heurte nos concitoyens d’Outre-mer.” Et elle obtient le soutien de plusieurs groupes politiques. En effet, les députés socialistes approuvent, à l'instar des députés républicains par la voix de la Réunionnaise Nathalie Bassire : "notre groupe LR soutiendra cet amendement et je soutiens les propos de Maina Sage."

"Effectivement, vu d’ici, cela peut paraître anédoctique ou symbolique, souligne quant à lui Bruno Millienne, député centriste du Modem Ile-de-France, mais je peux vous garantir que pour les Ultramarins, cela ne l’est pas du tout."

Vous pouvez réécouter ces interventions dans cet extrait vidéo :

 

Flou juridique

Mais le gouvernement, est, lui, défavorable, arguant d’un flou juridique autour de la notion “sémantique” d’"Hexagone". “J’ai demandé un éclairage juridique”, indique Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la Biodiversité.

Est-ce que oui ou non la Corse est considérée comme faisant partie de l'Hexagone ou pas? J’ai des retours contradictoires.”

Bérangère Abba, secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité

 

Rien de plus clair, pourtant, pour le député de Corse Michel Castellani : "est-ce que la Corse est dans l’Hexagone? Bien sûr qu’elle n’y est pas, l’Hexagone, c’est un hexagone. Notre situation est particulière. Soutien à Mme Sage", précise en conclusion le député du groupe Libertés et Territoires.

 

Des précédents

Au moment du vote, le président compte et recompte. Le verdict tombe : 25 voix pour, 26 sont contre, l’amendement est rejeté à une voix d'écart.

Le terme Métropole restera donc inscrit dans les textes officiels, mais la députée polynésienne n’aura pas manqué de rappeler que ce “gommage” s’est pourtant déjà produit dans certains d’entre eux, comme dans la loi EROM, dite loi égalité réelle de 2017.

►En bonus, écoutez le récit de Serge Massau, depuis Paris :

récit de Serge Massau