Le vote ultramarin dans les scrutins présidentiels

élections
Les Outre-mer dans les scrutins présidentiels
Les Outre-mer dans les scrutins présidentiels. ©La 1ère
De Charles de Gaulle à Emmanuel Macron, Outre-mer La1ère vous raconte le vote des ultramarins dans les scrutins présidentiels de la Ve République.

Tout commence en 1965. Alors que les sources d’information sont limitées aux médias officiels. Les électeurs ultramarins votent pour le plus connu : Charles de Gaulle. Ce dernier rassemble près de 89% des voix dès le premier tour. François Mitterrand, qui met le Général en ballotage, ne totalise que 7% des voix en Outre-mer.

Les explications de Serge Massau

Les années 1970 : l’Outre-mer hésite

Quatre ans plus tard, c’est la même histoire : le Premier ministre Georges Pompidou lui succède avec 73% des voix outre-mer.

Seule exception, la Polynésie française, qui lui a préféré Alain Poher, par opposition à l’installation du centre d’expérimentation nucléaire à Moruroa.

En 1974, la France hésite, Valéry Giscard d’Estaing l’emportera avec quelques centaines de milliers de voix d’écart sur François Mitterrand. Mais pour la première fois, les Outre-mer montrent leur diversité politique.

Giscard l’emporte en Martinique, en Nouvelle-Calédonie. Mais Mitterrand est majoritaire en Guadeloupe, en Polynésie française, et même à La Réunion.

Les années 1980 : bascule à gauche

1981, Giscard est battu…, mais il triomphe hors de l’Hexagone. Il totalise 80% des voix en Martinique et jusqu’à 98% à Wallis et Futuna. Il faut dire qu’il était le premier président de la République à s’y rendre, deux ans plus tôt.

En 1988, les électeurs ultramarins votent une nouvelle fois pour le président sortant. François Mitterrand rassemble plus de 50% des voix dès le premier tour en Martinique, Guadeloupe, Guyane et à La Réunion.

Alors que le Front national de Jean-Marie Le Pen atteint 14% au premier tour, le président socialiste tiendra un meeting entre les deux tours à Fort de France, aux côtés d’Aimé Césaire, pour dénoncer le racisme.

Abstention, indécision et surprise

En 1995, c’est l’abstention qui caractérise le scrutin dans les Outre-mer. Jusqu’à 65% en Guadeloupe. Au second tour, Jacques Chirac ne devancera Lionel Jospin que de 11 430 petites voix dans les Outre-mer.

En 2002, la surprise se nomme… Christiane Taubira. La députée guyanaise ne rassemble que 2% des voix au niveau national, mais elle réalise 37% en Guadeloupe, et même 52 % en Guyane. Surtout, avec le décalage horaire, certains Ultramarins sont allés voter après l’annonce du résultat du premier tour et la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second.

Une nouvelle génération de candidats

Pour succéder à Jacques Chirac, deux candidats diamétralement opposés. Ségolène Royal, pour le Parti socialiste, rappelle qu’elle a passé une partie de sa jeunesse en Martinique. En face, Nicolas Sarkozy pour l’UMP veut tourner la page de l’ère Chirac. Le vote pour les deux candidats s’équilibre dans les Outre-mer. Jean-Marie Le Pen, quant à lui, ne dépasse pas les 4%.

En 2012, François Hollande invoque la promesse républicaine pas complètement tenue envers les Ultramarins… Dès le premier tour, il dépasse les 50% en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion.

Et puis en 2017, les électeurs ne savent plus vraiment vers quel candidat se tourner. L’abstention dépasse les 50% en outre-mer au premier tour. Et les électeurs donnent leur préférence à Marine Le Pen, c’est inédit, suivi de Jean-Luc Mélenchon. Au second tour, Emmanuel Macron sera élu avec 75% des suffrages dans les Outre-mer.