Le gouvernement défend le système d'affectation des enseignants ultramarins taxé d'opacité à l'Assemblée nationale

éducation
enseignement distance coronavirus
©SPM la 1ère
La députée de La Réunion Karine Lebon a interpellé ce mardi le gouvernement au sujet des Ultramarins qui concourent chaque année pour enseigner dans le second degré sans avoir la possibilité de travailler sur leurs territoires d’origine. L’exécutif défend son système national de recrutement.

Comme chaque année à pareille époque,  les élus des Outre-mer sont très sollicités par de nombreux jeunes qui ont pris le risque de réussir au concours de recrutement des enseignants du second degré”, lance d’entrée l’élue de la 2e circonscription de La Réunion. Ce mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, lors de la session de questions aux gouvernement, la députée Karine Lebon a alerté sur la situation des Ultramarins qui passent des concours au sein de l’Education nationale mais qui ne sont pas retenus pour enseigner sur leurs territoires d’origines. Des postes qui, pourtant, sont pourvus et confiés à des enseignants venus de l’Hexagone. 

Contraints au "divorce géographique"

Pour ces lauréats, réussir ces concours signifie bien souvent un départ à des milliers de kilomètres de leurs domiciles. Pour celles et ceux qui ont déjà fondé une famille, ce succès implique divorce géographique et séparation douloureuse avec les enfants”, explique Karine Lebon. “Il veut dire : double installation, double loyer, doubles dépenses. Sans oublier ces parents malades souvent dépendants qu’ils laissent derrière eux”. 

“Cette équation impossible devient insupportable lorsque dans le même temps des postes sont vacants dans leurs disciplines et dans leur académie”

Karine Lebon, députée de la 2e circonscription de La Réunion

 

Un recrutement à l’échelle nationale 

Interrogée, la secrétaire d’Etat chargée de l'Éducation prioritaire, Nathalie Elimas, a défendu le système national de recrutement des enseignants mis en place dans l’Hexagone et dans les Outre-mer. Un recrutement qui se fait en fonction des besoins dans chaque territoire, a-t-elle expliqué. “Les académies ultramarines présentent en effet une situation contrastée en matière d’attractivité dans le premier degré comme dans le second”, détaille l’élue du Val-d’Oise, qui parle d’une “situation qui n’est pas homogène et appelle donc des réponses différenciées”.  

“Tous les enseignants originaires des académies ultramarines ne peuvent trouver aussi vite qu’ils le souhaiteraient une affectation dans leur département d'origine”

Nathalie Elimas, secrétaire d’État chargée de l'Éducation prioritaire

Pour tenter de permettre l'affectation d’enseignants ultramarins dans leurs territoires d’origines, la secrétaire d’Etat a expliqué que le gouvernement encourage les enseignants à prouver qu’ils ont des attaches sur place. “La prise en compte du centre des intérêts matériels et moraux est une priorité légale d'affectation pour les fonctionnaires de l'État, qui permet aux fonctionnaires de justifier, par des éléments objectifs, l'existence d’attaches particulières à un territoire ultramarin”, a rappelé Nathalie Elimas. 

Retrouvez l'intrégralité des échanges en vidéo