A Londres, le marché mondial du nickel (LME) attend la décision des Philippines

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Minerai de nickel SLN
Minerai de nickel calédonien dans l'usine SLN de Doniambo ©Alain Jeannin
Les cours du nickel ont légèrement rechuté depuis lundi mettant un terme à leur progression de la semaine dernière. Malgré tout, le LME reste optimiste et la Nouvelle-Calédonie peut l’être aussi, estime un expert de la City.
Les perspectives demeurent positives pour le métal. Le gouvernement de Manille qui joue au chat et à la souris avec le marché du nickel a réaffirmé lundi 12 septembre que « les Philippines s’orientaient vers de nouvelles fermetures de mines pour des raisons environnementales », mais sans plus de précision pour le moment.

Et maintenant

Les résultats d’un audit général portant sur 40 mines ont été ajournés. Le Président philippin Rodrigo Dutertre a martelé la semaine dernière que son pays « pourrait survivre sans l’industrie minière qui n’a pas réhabilité un seul site d’exploitation depuis plus de cent ans ». De son côté, l’association des producteurs miniers du pays a accusé le gouvernement de mener une « campagne de démolition » du secteur. Les Philippines sont le premier producteur de minerai de nickel au monde. Selon les chiffres publiés par le Nickel Monitor, les mines des Philippines produiront 148.000 tonnes de nickel contenu, au troisième trimestre Q3 de 2016. 52.000 tonnes le seront des mines calédoniennes à la même période.

Triland Metals

Mardi soir à Londres. Pour les analystes du négociant Triland Métals, les hésitations des marchés boursiers asiatiques, la remontée du dollar et la baisse du pétrole ont agi négativement sur le cours des matières premières et des métaux industriels depuis le début de la semaine. Mardi soir à Londres, le nickel finissait la journée en baisse de 0,47 % à 10.077 dollars la tonne de métal. Sans orientation précise.

Nickel russe

Triland Metals indique également que Norilsk va sans doute augmenter sa production de nickel, ce qui n’est pas une bonne nouvelle dans un marché où l’offre abonde encore. Le producteur russe a réalisé des profits, malgré le cours déprimé du métal, en jouant sur d’autres métaux plus rares et plus chers. Ces minerais de Sibérie lui ont permis de compenser les pertes enregistrées sur le nickel. La stratégie du premier producteur mondial vise aussi à mettre sous pression ses concurrents qui dépendent, eux, du seul "minerai vert". Les acheteurs du LME attendent, mais sans trop s'inquiéter, la réaction des cours du nickel  suite aux déclarations de Norilsk.
 
Le pire semble bien passé pour le marché du nickel, mais la reprise des cours sera « un lent processus », selon les mots de Robin Bahr mardi soir à Londres. « Nous attendons des fermetures supplémentaires de mines par les Philippines, le marché du nickel est optimiste. Je crois que la Nouvelle-Calédonie peut l’être aussi » conclue le responsable des analyses de la Société Générale.
La bourse des métaux de Londres, les mineurs et les industriels du nickel attendent les décisions de Manille…