publicité

Lyon : le Réunionnais Jean-Ludovic Mithra condamné à 20 ans de réclusion pour l'assassinat de sa compagne

Il était jugé depuis jeudi 25 octobre par la Cour d’assises de Lyon pour avoir assassiné sa compagne, Ingrid Gonfo, de 139 coups de couteau. Jean-Ludovic Mithra écope de 20 ans de prison.

Le corps de la Réunionnaise, originaire de Sainte-Marie, avait été retrouvé le 8 Janvier 2016 derrière le square Ferréol à Villeurbanne.
Le corps de la Réunionnaise, originaire de Sainte-Marie, avait été retrouvé le 8 Janvier 2016 derrière le square Ferréol à Villeurbanne.
  • Pauline Rouquette (avec Le Progrès)
  • Publié le
Le verdit est tombé ce lundi 29 octobre, après trois jours de procès. La Cour d'assises de Lyon a déclaré Jean-Ludovic Mithra, 25 ans, coupable du meurtre avec préméditation de sa compagne, Ingrid Gonfo, 22 ans, avec laquelle il avait quitté la Réunion pour venir travailler à Lyon.
L'assassinat avait eu lieu le soir du 8 janvier 2016, dans une petite ruelle mal éclairée de Villeurbanne située à deux pas du boulevard périphérique. La Cour a également prononcé 7 ans de suivi sociojudiciaire contre l'auteur du crime.
 

La préméditation retenue

Jean-Ludovic Mithra avait entraîné Ingrid Gonfo dans la rue Faÿs, à Villeurbanne, avant de la poignarder sauvagement avec un couteau de 27 cm soigneusement caché dans un sac.
Des éléments sur lesquels s'est appuyé l'avocat général pour retenir le caractère prémédité du crime commis par le Réunionnais qui a ensuite cherché à tromper la police en signalant la disparition de sa compagne. Un scénario monté de toute pièce jusqu'au moindre détail : un mot laissé sur la porte de leur appartement sur lequel il avait écrit "Chérie, je suis sorti, je t'aime".


139 coups de couteau

"Elle était méconnaissable". Reprenant le rapport du médecin légiste mentionnant les 139 coups de couteau portés à la victime, dont 60 à la tête, l'avocat général a souligné que Ludovic Mithra avait agi avec un "acharnement que l'on voit rarement".

"Un crime d'amour-propre"


L'assassinat d'Ingrid Gonfo est un crime "d'amour-propre" pour la magistrate qui réfute le terme de crime passionnel. La victime lui avait sûrement annoncé son intention de le quitter.
Selon elle, Jean-Ludovic Mithra est un individu "égocentrique", incapable d'avoir un mot de compassion à l'égard de la victime. Porte fermée à clé, téléphone coupé... Le traitement qu'il réservait à sa compagne préfigurait une forme de "séquestration". Le mobile du crime, quant à lui, s'enracine dans les profondeurs de la jalousie et de la possession.
Lors de sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Me Djema, s'est lui appuyé sur le rapport de l'expert-psychologue. Son client auraitété "happé par une force destructrice".

 

109 victimes en 2016

Ludovic Mithra, ancien champion de kickboxing, s'était déjà montré violent envers sa petite amie. Des violences qui ont été évoquées à l'audience : il l'avait déjà fait tomber violemment au sol en lui tirant les cheveux.

L'accusé encourait la peine de réclusion criminelle à perpétuité. La représentante du Ministère public a requis une peine de 25 ans, assortie d'une peine de sûreté des deux tiers. Finalement, la cour a répondu du manière plus nuancée. Ce sera 20 ans. Mais ce que le magistrat attendait du verdict était un message plus général. "Les femmes sont en droit d'attendre de la société une protection maximale" a-t-elle lancé.
En 2016, année de l'assassinat d'Ingrid Gonfo, 109 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints.

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play