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Macron à Mayotte : un dîner pour rendre hommage au mouvement des "Chatouilleuses"

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La ville de Pamandzi rend hommage à Zéna M'Déré
Zéna M'Déré
Vingt ans après le décès de Zéna M’déré, cheffe de file des "Chatouilleuses", le mouvement qui a défendu le maintien de Mayotte dans la République, un dîner d’hommage se tiendra ce mardi 22 octobre 2019 avec le président de la République, Emmanuel Macron.
Sportives, militantes associatives, cheffes d'entreprise et élues de Mayotte dîneront mardi avec le président Emmanuel Macron, l'occasion de se remémorer le mouvement local des "Chatouilleuses", qui défendirent dans les années 1970 le maintien dans la République de l'île de l'océan Indien. Un hommage doit en particulier être rendu à la figure de Zéna M'déré, la cheffe de file des "Chatouilleuses", décédée il y a vingt ans, le 27 octobre 1999.
 

Un mode d’action non violent 

Zéna M'déré a lutté avec bien d'autres femmes pour le maintien de Mayotte au sein de la France, au moment où les trois autres îles de l'archipel des Comores devenaient indépendantes, le 6 juillet 1975. Le transfert, en 1958, de la capitale du territoire français des Comores de Dzaoudzi vers Moroni avait conduit les fonctionnaires mahorais à partir vers la Grande Comore, laissant leurs familles à Mayotte. Sans l'administration coloniale, Dzaoudzi et Mayotte perdaient les principales sources de revenus de l'île.

Faute d'être entendues par les responsables politiques du gouvernement du territoire des Comores, les Mahoraises avaient opté pour un mode d'action original : chaque membre du gouvernement du territoire des Comores en visite à Mayotte se voyait entouré par un commando de dizaines de femmes et chatouillé jusqu'à ce qu'il se roule par terre et reparte à Moroni humilié.

Aujourd'hui, peu de Serrez-la-main (partisans de l'indépendance) et victimes de ce châtiment témoignent. Mais certains affirment que ces actions ne se limitaient pas qu'aux chatouilles et étaient violentes.
 

La revendication d’un héritage

"Les Chatouilleuses n'ont jamais tué, elles n'ont jamais lancé de grenades, contrairement à leurs adversaires. Et d'ailleurs, l'une d'entre elles, Zakia Madi, est morte", rétorque Yasmina Aouny, porte-parole des Femmes Leaders de la vie publique, une association se réclamant de cet héritage. "La stratégie de la chatouille était bien pensée, c'était non-violent", ajoute-t-elle. "Aujourd'hui, si les femmes mahoraises vont à l'école, si elles sont devenues autonomes financièrement, c'est grâce aux Chatouilleuses, nous leur sommes toutes redevables".
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