outre-mer
territoire

Marie-Jeanne Serbin-Thomas fête le 70e numéro du magazine Brune

culture
Marie-Jeanne Serbin-Thomas
Marie-Jeanne Serbin-Thomas, directrice de publication du magazine Brune. ©DR
Fondatrice et directrice de publication du magazine Brune, la Martiniquaise Marie-Jeanne Serbin-Thomas vient de fêter le numéro 70 de ce bimestriel. Elle évoque ses projets et le parcours de son journal avec La1ere.fr. 
Le magazine féminin Brune vient de fêter son 70e numéro. Un grand motif de satisfaction et de fierté pour sa fondatrice et directrice de publication, la journaliste martiniquaise Marie-Jeanne Serbin-Thomas, faite Chevalier de la Légion d'honneur par le président François Hollande en juillet dernier.
 
Tiré à 30.000 exemplaires environ et distribué dans 27 pays, en Europe, en Afrique et aux Antilles, l’aventure de Brune a commencé en 1991. Interrompu de nombreuses années suite à la dévaluation du franc CFA, qui a porté un rude coup à son chiffre d’affaires en Afrique, la parution du journal reprendra en 2006. Une formule bimestrielle, soit six numéros annuels, qui inclut deux fois par an dans ses pages son « petit frère » Ben, un cahier spécial destiné aux hommes.
 

"Les femmes ont une autre approche de la lecture"

« Les femmes afro-antillaises et afro-descendantes ont complètement évolué. Ce n’est plus du tout l’image que l’on voit dans certains médias », explique Marie-Jeanne Serbin-Thomas. « A Brune, nous nous adressons essentiellement à des femmes qui travaillent, urbaines, des femmes qui ont un certain nombre de prérogatives dans la vie et qui sont surtout des battantes. Elles ont choisi l’excellence comme mode de fonctionnement. Elles s’intéressent à beaucoup de choses, pas seulement à la mode et la beauté, mais aussi à l’économie, à la politique, aux faits de société, à l’Internet, etc. »
 
A l’heure du tout numérique, le magazine se diffuse bien, assure sa directrice de publication. Dans les pays africains, il se partage, s’échange, se prête, et l’on trouve d’anciens numéros en vente sur les marchés. Là-bas, un seul numéro atteint une dizaine de lecteurs. Par ailleurs, « les femmes ont une autre approche de la lecture, elles ont besoin d’avoir cette approche tactile, de sentir, de voir et de toucher le journal. De pouvoir le regarder de A à Z », souligne Marie-Jeanne Serbin-Thomas. « C’est un produit auquel on s’attache, et par ailleurs nous ne traitons pas d’actualité immédiate. »
 

"Nous manquons d’images positives de nous-mêmes"

« Nous parlons de pulsations du monde qui ne sont pas seulement les pulsations des grandes capitales occidentales, mais aussi celles de petits pays d’Afrique, des îles des Antilles, et nous rendons compte de tout cela » ajoute la journaliste martiniquaise.
 
Au premier trimestre 2017, Marie-Jeanne Serbin-Thomas va poursuivre le développement de Brune et lancer une édition à part de Ben, son alter ego masculin qui était jusqu’à présent publié et inclus dans Brune, deux fois par an. « Ben a une approche de l’homme dynamique, ludique, émergent, de l’homme noir fier de ce qu’il est, et au fait du monde. Une image que l’on voit peu dans la presse, car il n’existe pas de magazine en France qui mette en valeur les hommes afro-descendants. » « Nous voulons apporter une autre respiration et une autre vision », résume la directrice de publication, « une approche plus altruiste et plus humaniste, qui montre une autre image que cette violence attachée à l’Afrique ou aux Antilles, car nous manquons d’images positives de nous-mêmes ».  
 
Publicité