A Mayotte, 77% de la population vit sous le seuil de pauvreté

A Mayotte, 77% de la population (soit 200.000 personnes) vit sous le seuil de pauvreté national (1.010 euros par mois et par unité de consommation), et les inégalités de niveau de vie se creusent, révèle mercredi une enquête de l'Insee, réalisée avec la Direction générale des Outre-mer.
Cette proportion est en légère baisse, puisque la dernière enquête datant de 2011 estimait à 84% la part de la population sous le seuil de pauvreté. 
 

Moins de 260 euros par mois

La moitié (50%) de la population vit avec moins de 260 euros par mois et par unité de consommation. Ce niveau de vie médian est six fois plus faible que dans l'Hexagone et trois fois plus faible qu'en Guyane. 

La pauvreté touche toutes les catégories de la population. Les sans-emploi sont presque tous pauvres et 58% des ménages dont la personne référence a un emploi sont pauvres. 92% des personnes sans diplôme le sont également, tout comme 42% des personnes ayant le bac ou un diplôme supérieur. 94% des familles monoparentales et 94% de celles dont la personne référence du ménage est née à l'étranger sont également dans cette situation. 


Une population très jeune

A Mayotte plus qu'ailleurs, les prestations sociales ne réduisent que marginalement la pauvreté. Celles-ci ne représentent que 17% des revenus moyens des ménages pauvres contre 63% en Guyane. 

En effet, elles ne sont accessibles qu'aux personnes en situation régulière de plus de 15 ans. Or Mayotte a une population très jeune (près de 50% de moins de 18 ans) et 48% de la population est de nationalité étrangère, dont une grande majorité vit clandestinement sur le territoire. 
 

Les inégalités se creusent 

Par ailleurs, les inégalités se creusent. Les 10% les plus riches vivent avec plus de 1.800 euros par mois et par unité de consommation. C'est une hausse de 600 euros par rapport à 2011, grâce notamment à la hausse du SMIC et l'obtention par les fonctionnaires de Mayotte de la majoration de leurs traitements de 40%, comme dans la plupart des outre-mer. 

A l'inverse, les 40% les plus pauvres gagnent moins de 140 euros par mois et par unité de consommation, soit 40 euros de moins qu'en 2011. 
    
Enfin à Mayotte, le poste budgétaire principal des ménages reste l'alimentation (24%). La proportion passe même à 36% pour les ménages à très bas revenu (qui vivent sous le seuil de pauvreté local, soit 160 euros par mois et par UC).