Mayotte veut renouer avec les touristes

tourisme
La passe en S du lagon de Mayotte
La passe en S du lagon de Mayotte ©BRUSINI Aurélien / hemis.fr / hemis.fr / Hemis
Le Salon international du Tourisme de Paris s’est ouvert depuis le 17 mars 2022 à Porte de Versailles. L’occasion de se pencher sur la nouvelle stratégie de promotion de Mayotte, après deux années marquées par la crise COVID.

Comme bon nombre de territoires et de régions, Mayotte n’a pas été épargnée par la crise sanitaire. Secteur en progression, le tourisme a particulièrement été touché ces deux dernières années. Alors Mayotte tente de se relancer avec une nouvelle stratégie de promotion du territoire. En témoigne, sa présence récente au salon de la plongée du 11 au 14 mars dernier. 

Michel Madi, le directeur de l’Agence d’Attractivité et de Développement du Tourisme de Mayotte (AADTM) profite, de ce genre de rendez-vous, pour relancer la destination. "Depuis deux ans les événements touristiques en termes de promotion en Métropole comme en Allemagne où l’on va habituellement, par exemple, ont été mis en stand-by. Il est très important pour nous d’être présent au Salon de la Plongée, un salon qui a déjà été décalé en début d’année en raison de la vague du variant Omicron. On est là pour rassurer les partenaires et retrouver le public afin de relancer la clientèle métropolitaine."

Loi NOTRe met en place une nouvelle organisation du territoire

Pour relancer la dynamique, l’ancien Comité du Tourisme de Mayotte a changé de nom et d’approche afin d’être plus attrayant et plus efficace. "Depuis le 1er septembre 2021, le Comité du Tourisme s’est transformé en Agence d’Attractivité et de Développement du Tourisme de Mayotte. Un changement lié à la Loi NOTRe, la loi portant une nouvelle organisation territoriale de la République." Deux mots essentiels émergent : attractivité et développement économique. Le but consiste à créer plus d’emplois. Ce qui signifie, à Mayotte, une offre touristique plus large et plus professionnelle afin d’attirer plus de touristes. Cela passe par la création de plusieurs offices du tourisme à Mayotte, un objectif essentiel. Une nouvelle politique touristique qui a pu être jugée à l’aune de ces deux dernières années de crise très compliquées.

À gauche, Michel Madi, directeur de l’Agence d’Attractivité et de Développement du Tourisme de Mayotte. ©Ismaël Mohamed Ali


"On a été privé de nombreuses prestations et activités touristiques. On s’est rabattu sur la clientèle locale pour limiter les dégâts. On a offert le chèque-tourisme aux locaux pour pallier l’absence de clientèle extérieure et le manque d’activités. Il fallait aller vers les Mahorais pour leur faire découvrir leur île. On a été très agréablement surpris par la réaction des Mahorais. On se rend compte que les logiques ont changées. La population est demandeuse de découvertes et de redécouvertes. On veut tirer profit de la beauté de notre île, de notre lagon. Développer l’éco-tourisme à partir de nos points forts. La population veut aussi des activités de qualités. On travaille aussi sur une approche expérientielle pour les locaux en valorisant les activités traditionnelles et culturelles. On souhaite vraiment une implication locale en développant une offre et une activité domestique de qualité" martèle Michel Madi, le directeur de l’AADTM.

Hébergeant, restaurateurs ou club de plongée sous-marine : des acteurs-clés

Le lagon de Mayotte est l’un des atouts de l’île mis en avant dans cette nouvelle stratégie touristique. Nicolas Bernard du club de plongée Le Lagon Maoré a fait le déplacement à Paris. Il veut promouvoir ses activités nautiques, "Mayotte est encore méconnue. Elle a besoin de plus de visibilité. Elle pourra ainsi amener plus d’intérêt. Pour la plongée, cette île est juste parfaite avec son immense et riche lagon, son nombre de passes, la santé de son corail comme la biodiversité des espèces et des sites." Il se félicite de l’intérêt et de la collaboration de plus en plus poussés avec les populations locales. "Cette activité est embryonnaire mais nous sommes fiers d’avoir deux encadrants mahorais", poursuit Nicolas.

Selon les derniers chiffres du Tourisme à Mayotte, 70% des touristes viennent de l’Hexagone et de l’île de La Réunion. Après deux ans de stand-by, l’Agence d’Attractivité et de Développement du Tourisme de Mayotte (AADTM) aspire donc à faire mieux connaître son territoire et ses atouts afin d’attirer 65 000 touristes comme en 2019, année record.