A Mayotte, le vice-rectorat réaffecte un professeur victime de propos racistes

faits divers
Conflit lycée de Sada
Le vice-rectorat de Mayotte a décidé de réaffecter un professeur français d'origine étrangère ayant subi de violentes menaces au sein d'un autre lycée de l'île "pour des raisons de sécurité".
Ce professeur de philosophie est visé pour avoir proposé un cours sur le rapport entre culture et nature intitulé : "Peut-on inviter un cannibale à table ?". Ce
qu'une partie des lycéens auraient pris pour eux, selon un membre d'un collectif de citoyens anti-étrangers qui évoque des propos "déplacés" mais aussi des punitions abusives pratiquées par ce professeur.

   
"Psychologiquement atteint"

Des manifestations de ce collectif demandant le départ de l'enseignant et insistant sur son origine africaine ont eu lieu en début de semaine devant le lycée de Sada (ouest de l'île) et le nom du professeur aurait été affiché sur des banderoles et taggué sur une route adjacente, a indiqué le vice-rectorat à l'AFP. Des insultes racistes à son encontre ont fusé sur les réseaux sociaux qui l'ont "psychologiquement atteint" et ont motivé la décision du vice-rectorat de le réaffecter.
    

Fortes tensions

Cet incident intervient dans un contexte de fortes tensions communautaires sur l'île. Des manifestantes campent ainsi nuit et jour depuis plus de quatre mois devant le service des migrations et de l'intégration de la préfecture pour protester contre l'immigration clandestine en provenance notamment des îles voisines des
Comores. Le collectif des citoyens de Mayotte, à l'origine du mouvement de lutte contre l'insécurité qui a paralysé le 101ème département français au premier semestre, a précisé à l'AFP qu'il établissait actuellement "un recensement des professeurs étrangers" dont il estime qu'ils n'ont pas les diplômes requis pour enseigner. Vendredi soir, le collectif tenait une réunion publique à Sada pour évoquer le sujet des professeurs étrangers au sein de l'Éducation nationale à Mayotte.
 

Soutien de ses collègues   

"Les actes à l'encontre du collègue du LPO Sada risquent de se tourner vers les collègues contractuels et/ou étrangers en général", ont affirmé vendredi plusieurs
professeurs de ce lycée dans un communiqué. "Une chasse" aux étrangers "à l'échelle de l'île est visiblement envisagée à partir de lundi", ont-ils encore affirmé.