Écouter les Outre-mer - Nouvelle-Calédonie : la Place des Cocotiers

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Place des cocotiers à Nouméa (Nouvelle-Calédonie)

La Place des Cocotiers est véritablement nichée au coeur de la ville de Nouméa, témoin d’un métissage de sons, de cultures, générations confondues, point de rencontre et de manifestations. 
Place des cocotiers à Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
©Nouvelle-Calédonie la 1ère

Les Calédoniens s’y donnent rendez-vous le temps d’une pause déjeuner, d’une partie d’échecs ou pour plaisanter après les cours. 

A l’origine, terrain militaire, nommé « Jardin de la Troupe » (les militaires y ont d’ailleurs planté les fameux cocotiers), elle commence à prendre forme vers 1878 lorsque le kiosque à musique, archétype de l'architecture coloniale, est construit par les ouvriers de la Transportation. Lentement la ville et la place gagneront du terrain sur la mangrove. En son centre, se trouve la fontaine du nom d'une jeune kabyle Céleste Mohammed, 17 ans, fille de deux déportés. Une fontaine à la croisée des routes de Nouvelle-Calédonie dont elle représente le point 0.

De nos jours, après la fontaine, la place de la Marne accueille les "Jeudis du Centre ville". Chaque semaine, les différentes régions du pays ou les communautés y apportent leurs produits du terroir. Le café de Voh sur la côte ouest, les crabes d’Arama dans le grand Nord, les poulpes de Païta, les mandarines poussées dans la terre rouge du sud.

Des vides-greniers y rassemblent les Nouméens, les illuminations de Noël la transcendent, les flonflons du 14 juillet et la fête de la musique l’égayent…

Lieu de célébrations, mais également de manifestations. On se souvient du discours du général De Gaulle en 1966, des foulards rouges en 1974, en septembre 1982 le printemps kanak avec un discours marquant de Jean-Marie Tjibaou, une marche loyaliste en 1985 avec en point d’orgue le discours de Jacques Chirac, premier ministre de François Mitterand, en août 1987 répression d’une manifestation indépendantiste…Cet espace public doté du WiFi, entouré de commerces et flanqué du musée de la ville d’un côté et de la mairie de Nouméa de l'autre, a été totalement réaménagé dans les années 90-2000. La dernière et quatrième partie située à l'ouest, le square Olry, est plantée de nombreux arbres (autrefois jardin botanique) et organisée autour de la statue du gouverneur Olry. Celui-ci a administré la Nouvelle-Calédonie durant la révolte d’Ataï. Sa statue, oubliée pendant 20 ans sur les quais, sera posée à l’extrémité ouest de la place. Elle fut débarrassée de la fresque qui ornait son socle, dénoncée comme coloniale et provocante par les foulards rouges.

Malgré la mauvaise réputation qu’elle a pu avoir de temps à autres (en 1933 on l’appelait "le paradis des poivrots"), la Place des Cocotiers, où le visiteur trouvera Flamboyants et Bois noirs, est le témoin privilégié du quotidien des nouméens et des aléas de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Elle reste avant tout un lieu d’échanges et de partages.

Prise de son : Rudolph Ahnyinmou
Montage : Laurène Poaraoupoepoe
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