Mélenchon s'explique sur la "créolisation", opposé à "l'assimilation"

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Lombaires Mélenchon La Réunion
Jean-Luc Mélenchon sur le marché de Sainte-Marie à La Réunion ©RICHARD BOUHET / AFP
Jean-Luc Mélenchon revient vendredi dans une tribune à L'Obs sur le terme "créolisation", qu'il a récemment employé lors d'un discours à la Mutualité en l'opposant à "l'assimilation", le peuple français actuel étant "bien plus mélangé" qu'en 1958, année de naissance de la Ve République.
"Dans mon esprit, il s'agissait de proposer le chaînon manquant entre l'universalisme dont je me réclame et la réalité vécue qui le dément", affirme le leader de La France insoumise, qui avait évoqué la "créolisation" de la société, lors d'un discours sur la République, le 21 septembre, en se référant au penseur Edouard Glissant.
 

Assimilation et renoncement

Selon le poète et philosophe martiniquais, mort en 2011, rappelle M. Mélenchon, "la créolisation, c'est un métissage d'arts, ou de langages qui produit de l'inattendu", "un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l'interférence deviennent créateurs". "La créolisation n'est ni un projet ni un programme. C'est un fait qui se constate", affirme le numéro un des Insoumis.
"Si pour les dominants, il n'y a aucune difficulté à passer de l'affirmation de l'idée d'universalisme à sa mise en oeuvre au quotidien, c'est précisément parce que leur propre culture, moeurs et usages dominent", poursuit-il. "Quand le mot 'assimilation' apparaît, le malentendu l'accompagne", met-il en garde. Mais "il en va tout autrement pour des millions de gens qui ne comprennent pas ce qu'on leur demande. En effet, ils respectent la loi et se trouvent de fait inclus dans tous les aspects de la vie de la cité. L'assimilation leur paraît alors être un renoncement à ce qui les distingue de la culture dominante".
    
"Notre peuple a beaucoup changé depuis 1958, date de la Constitution de la Ve République. De rural, il est devenu urbain. De chrétien, il est devenu massivement sans religion et le reste est réparti entre cinq cultes, le deuxième étant l'islam". "La créolisation et l'universalisme sont les deux états d'une même réalité fondamentale dans la condition humaine. Nous sommes tous semblables par nos besoins essentiels mais chacun de nous est différent de n'importe quel autre. Semblables dans la différence", conclut-il.
 
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