Même pendant le confinement, l’ex-athlète martiniquais David Alerte continue à penser comme un champion

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David Alerte
David Alerte, ex-athlète martiniquais ©Kelly Alerte
Pas étonnant qu’il soit devenu champion du monde de relais en 2005. David Alerte aime le travail en équipe. À 35 ans, le Martiniquais retraité des pistes, œuvre toujours pour un collectif. Avec ou sans corde à sauter.
Sa vie a changé. Forcément. Depuis trois ans, David Alerte est papa d’un petit garçon. Ses nuits ne sont plus les mêmes. Avec Kelly son épouse, ils vivent le bonheur parfois un peu agité d’être parents. Depuis l'arrivée du coronavirus, le bonheur demeure mais des craintes légitimes font leur apparition : "À titre personnel, oui c’est vrai, j’ai eu peur," confie David Alerte. "J’ai vraiment eu l’impression qu’on était en guerre, pour reprendre les termes de notre Président. La Chine, l’Italie, l’Espagne, la France et maintenant les États-Unis. Demain certainement l’Afrique. On sent bien la crainte généralisée qui monte. Alors quand vous avez un enfant encore petit, vous ne pouvez pas ne pas y penser. D’où l’intérêt de respecter toutes les consignes de confinement."

Le 16 mars dernier, l’ex-sprinteur martiniquais a donc découvert le télé-travail. Pas simple pour un David Alerte habitué à coacher toute la journée en extérieur et sur différents sites. Voilà cinq semaines que son terrain d’action se résume à un salon transformé en bureau de fortune. Ceci étant, pas question de regretter sa vie d’avant, celle de membre de l’équipe de France d’athlétisme. Surtout en ce moment.

Ce doit être terrible pour les sportifs de haut niveau. Vous imaginez tous ceux qui préparaient les JO de Tokyo ? Ils touchaient au but. Et d’un seul coup, patatras ! Rendez-vous dans un an si tout va bien. Sans compter toutes ces compétitions annulées les unes après les autres. De quoi vont vivre les athlètes ? Le sport de haut niveau, c’est tellement fragile. Quelle angoisse ! Aujourd’hui, je me sens bien mieux à ma place en tant que spectateur."

 
L'équipe de Pass'Sport pour l'emploi
À l'extrême gauche : Benoît Campargue, ex-entraîneur de Teddy Riner. À l'extrême droite : Thierry Marx, le chef mondialement connu. Benoît et Thierry sont les deux fondateurs de Pass'Sport pour l'emploi. ©Facebook Pass'Sport pour l'emploi
 

Un champion du monde de relais au service d’un chef étoilé

Depuis deux ans, David Alerte travaille avec Thierry Marx. Non pas dans les cuisines du palace parisien du Mandarin Oriental. Mais au sein de son association Pass’Sport pour l’emploi. Le célèbre chef voulait offrir une seconde chance à des jeunes sans qualification et en rupture avec le système éducatif. Alerte, à la fois discret et professionnel, a vite séduit Marx. Ce dernier en a fait son responsable de la formation sportive : "Le concept est juste génial," raconte le Martiniquais. "Les stagiaires sont sélectionnés sur dossier. Il doivent prouver leur motivation. S’ils sont retenus, ils suivent une formation de trois mois aux métiers de la sécurité ou d’animateur sportif. Je me charge de leur forme physique. Les stagiaires n’ont qu’un engagement : le R.E.R. (rigueur, engagement et régularité). À l’issue des trois mois, ils signent un contrat en CDI."

Le succès de Pass’Sport pour l’emploi est tel que deux antennes régionales doivent ouvrir prochainement : à Tours et à Bordeaux. Beaucoup de travail en perspective pour David Alerte. Pas grave. Le simple fait de transmettre certaines valeurs suffit à son bonheur : "Je ne sais pas si j’aurais pu connaître ça en étant l’entraîneur d’un athlète. Cette école de la seconde chance m’a permis de faire de belles rencontres. Je suis resté en contact avec pratiquement tous les stagiaires. Le sport leur redonne confiance en eux. Ils retrouvent de l’estime pour ce qu’ils sont. C’est un cadeau formidable."
 
David Alerte en pleine exercice de corde à sauter pour Like a champion ©Like a champion
 

Un champion ne sort jamais sans sa corde à sauter

Autre belle aventure pour David Alerte : le lancement de la plateforme vidéo Like a champion. Initiative digitale unique en son genre puisqu’elle propose de maîtriser l’art… de la corde à sauter ! "Avec Munesu Mabika de Cugnac, le président de Like a champion, on s’est intéressé à ce marché de niche. Personne ne proposait une telle offre alors que tous les champions utilisent la corde à sauter dans leur préparation. Je ne prêche pas pour ma paroisse mais notez bien que vingt minutes de corde correspondent à une heure de footing. Aujourd’hui, les gens veulent que ça aille vite. C’est une façon de proposer des activités sportives efficaces sur des durées plus courtes."

Là encore, ça marche. La page Facebook de Like a Champion réunit plus de dix mille abonnés. Une véritable communauté créée uniquement grâce au bouche-à-oreille. Pour la phase 2 de son développement, David Alerte veut mettre en place des Master Class de champions. Les plus grands sportifs viendront expliquer l’apport de la corde à sauter dans leur préparation physique. Le boxeur Mahyar Monshipour est le premier à avoir répondu à l’appel. D’autres vont suivre. "On ne s’attendait pas à un succès aussi rapide," avoue David. "Nous n’avons pas d’influenceur. Juste des internautes du monde entier qui se retrouvent sur notre page pour échanger sur leur pratique. Et pour ceux qui veulent passer à l’étape supérieure, on propose des programmes d’entraînement payants. À l’heure du confinement, c’est l’occasion de retrouver un sentiment de liberté."

Attention, l’impact de Like a champion est viral. Un impact viral positif pour le coup. La plupart des membres auraient ainsi fini par s’écrier : plus jamais sans ma corde à sauter !
 
Message de l'ex-athléte martiniquais David Alerte ©David Alerte