#MeTooMining : un collectif appelle à combattre les violences faites aux femmes dans l'industrie minière

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NICKEL
L'industrie minière finlandaise fait exception, elle compte 50% de femmes. ©Alain Jeannin
Du glamour des Oscars à Los Angeles jusqu'aux sites miniers de l’industrie canadienne ou australienne, les deux contextes pourraient être opposés, mais les histoires de violences faites aux femmes sont parfois similaires…
Au début des années 2000, plusieurs dizaines de futurs mineurs et métallurgistes calédoniens, des hommes en majorité mais aussi des femmes ont vécu le quotidien des mines et des usines de Sudbury. La capitale canadienne de l’industrie du nickel. Ces formations de longue durée étaient assurées par la minière canadienne Falconbridge et la SMSP calédonienne qui avaient lancé la construction de l’actuelle grande usine du Nord. Le cursus des stagiaires calédoniens intégrait des séances de sensibilisation consacrées aux relations humaines et au respect des femmes.

Une géologue parle

La Canadienne Susan Lomas travaille dans l'industrie minière de son pays depuis plus de 30 ans et a fait l'expérience directe du harcèlement sexuel. Elle décrit l’envers du décor, un monde d’hommes où les femmes seraient tout juste tolérées. Inspirée par le mouvement #MeToo qui a débuté à Hollywood, elle a décidé de fonder l’association Me Too Mining pour combattre la violence sexuelle, l'intimidation et la discrimination à l’encontre des femmes dans le secteur des mines et des métaux au Canada, mais aussi en Australie. Son témoignage, recoupé par des dizaines d’autres, ne doit pas pour autant faire oublier les réels progrès faits par les entreprises en matière de lutte contre les violences et le harcèlement sexuel.

Témoignage

Susan Lomas a commencé à travailler comme géologue sur des sites miniers canadiens tout juste sortie de l'université. Il n'a pas fallu attendre longtemps avant qu'elle subisse un abus pour la première fois. Ses collègues masculins ont "décoré" son espace de travail avec des images pornographiques. « Je l'ai vu, je l'ai vécu et j'ai entendu beaucoup plus d'histoires horribles et plus sérieuses que ce qui m'est arrivé »...

Actuellement, au Canada, les femmes ne représentent que 17% de la main-d'œuvre dans l'ensemble de l'industrie minière. Dans les métiers de production et d’encadrement, cette proportion chute à 4%. 

#MeeToMining

Susan Lomas raconte une autre histoire, celle d'un PDG d'une société minière, toujours au Canada, qui avait pris l'habitude de soulever les vêtements des femmes. Il n'a jamais été inquiété et elles ont finalement quitté le bureau, les unes après les autres. Très peu d'études ont été réalisées pour quantifier l'ampleur des abus sexuels auxquels les femmes sont confrontées dans l'industrie minière nord-américaine. Dans un article du New York Times paru l'an dernier, une autre femme décrit avoir travaillé dans une mine aux États-Unis où elle a subi des propos sexistes, et reçue des images pornographiques sur son téléphone portable. Elle a également quitté son travail.

En juillet 2017, en Australie, le documentaire Hotel Coolgardie, tourné en 2012, donne un aperçu du machisme violent qui alimente le harcèlement sexuel des femmes dans une ville minière.

Selon Suzan Lomas, l'une des priorités de la campagne #MeTooMining sera d'aider les hommes à surmonter ce qu'elle appelle le « comportement de spectateurs », qui les empêche de s'exprimer lorsqu'ils sont témoins d'un comportement agressif et abusif. La campagne vise aussi à donner des conseils aux hommes sur ce qu'ils peuvent faire pour aider leurs collègues féminines, elle plaide en faveur de la formation en entreprise.