Meurtre de deux militaires français en Guyane: les suspects jugés en Martinique

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avis recherche orpailleurs clandestins Dorlin
Un avis de recherche diffusé après le meurtre des deux militaires, tués le 27 juin 2012 ©JEROME VALLETTE / AFP
Le procès des orpailleurs brésiliens soupçonnés d'avoir tué en 2012 deux militaires français lors d'une opération de l'armée et de la gendarmerie contre les chantiers aurifères illégaux en Guyane s'ouvre lundi en Martinique devant la cour d'assises spéciale.
Cinq hommes seront jugés jusqu'au 20 octobre, devant cette cour composée uniquement de magistrats professionnels, pour le meurtre en bande organisée des deux militaires, mais seulement deux seront présents en Martinique.
 

Deux hommes déjà condamnés à la perpétuité au Brésil

Les deux autres, dont le chef présumé du gang qui avait ouvert le feu avec des armes de guerre sur les militaires, restent détenus au Brésil, où ils ont été condamnés à la perpétuité pour d'autres faits, ce pays n'extradant pas ses ressortissants. Un troisième, condamné puis libéré de la prison de Ducos ne devrait pas se présenter à l'audience.
 

Deux morts et trois blessés lors de l'embuscade

Le 27 juin 2012, l'adjudant Stéphane Moralia, 28 ans, et le caporal-chef Sébastien Pissot, 33 ans, appartenant au 9e Régiment d'infanterie de marine (Rima), participaient à une opération de lutte contre l'orpaillage illégal à Dorlin (sud-ouest de la Guyane), sur la commune de Maripasoula, commune la plus étendue de France.
Victimes d'une embuscade, Sébastien Pissot est tué sur le coup et Stéphane Moralia grièvement touché. Il décèdera quelques heures plus tard. Trois autres gendarmes ont aussi été blessés lors de l'accrochage.
 
 

Interpellations en Guyane et au Brésil

L'enquête a été confiée aux juges de la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Fort-de-France (Martinique), chargée de la criminalité organisée.
Après une traque de plusieurs jours menée par les gendarmes au cœur de la forêt guyanaise, plusieurs personnes seront finalement interpellées en Guyane et au Brésil.
 

Manoelzihno, 25 ans, chef de gang et  criminel multirécidiviste

A la tête du gang lourdement armé, Ferreira Manoel Moura alias "Manoelzihno", un Brésilien de 25 ans. Sa bande est suspectée de faire régner la terreur sur le secteur de Dorlin où il a pris le contrôle d'un site d'orpaillage par la violence en tuant des rivaux aux mêmes méthodes.
Il est arrêté avec un de ses lieutenants le 27 juillet 2012 à Macapá (Brésil), où il reconnaît les meurtres des militaires français. Il a à son actif plusieurs condamnations pour homicides, notamment au Brésil où il a été condamné en janvier pour les meurtres de cinq orpailleurs sur un site illégal guyanais. La cour d'assises de Cayenne l'a condamné en mars, par défaut, à 20 ans de réclusion pour la mort de deux ressortissants brésiliens en Guyane.
 

On veut qu'il n'y ait pas de sacrifice oublié






"On veut quoi de ces deux semaines ? Qu'il n'y ait pas de sacrifice oublié. Et surtout que les peines de prison qui vont être prononcées soient effectives pour ceux qui sont au Brésil", ont expliqué les  parents de Stéphane Moralia, dans un entretien au journal La Dépêche.
Les familles des deux militaires assisteront au procès. Cinq gendarmes impliqués dans l'attaque devraient témoigner.

Regardez le rappel des faits avec Guyane 1ere

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