Montagne d’Or : nouvelle étude et nouveau projet en Guyane ?

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Camp de base du projet minier Montagne d'Or en Guyane ©AFP

Orea Mining a annoncé le 22 décembre l'achèvement d'études supplémentaires d'ingénierie et d'environnement pour le développement de la mine de Montagne d'or. De son coté, L'Etat devrait faire appel de la décision du tribunal administratif de Guyane du 24 décembre.

Orea Mining Corp, le nouveau nom de Colombus Gold, est  l'un des deux actionnaires du projet Montagne d’or, l'autre étant la société russe Nordgold. La société canadienne d’exploration et de développement opère en Guyane où elle possède un portefeuille de projets aurifères. La progression des cours mondiaux de l’or qui a culminé à plus de 2000 dollars l’once en 2020 explique peut-être son retour sur le devant de la scène guyanaise. 

Montagne d'Or modifié

Le 22 décembre, la compagnie minière canadienne a annoncé avoir modifié le projet controversé. Le projet initial, avait été rejeté et combattu par les associations de défense de l’environnement. Et il est peu problable que le "nouveau" projet emporte leur adhésion.

Emmanuel Macron avait lui aussi taclé le projet en s’exprimant notamment le 6 mai 2019. Pour le Président français, Montagne d’or n’est "pas compatible avec une ambition écologique et en matière de biodiversité ".

En cette fin décembre, la compagnie minière canadienne de Vancouver, cotée en Bourse, a peut-être voulu aussi rassurer ses actionnaires en montrant qu’elle avait de la suite dans les idées. Elle ne renonce pas à exploiter un jour l’un des plus importants gisements aurifères de la planète.

Les études réalisées et les modifications apportées sont censées anticiper les évolutions que contiendra le nouveau code minier. L'opérateur canadien et son associé russe en attendent un cadre légal rénové dans l'espoir de permettre, selon eux, le développement des ressources naturelles en France, dans un cadre apaisé.

"Il s'agit d'une étape importante pour l'obtention du permis de Montagne d'or, l'un des principaux gisements aurifères non mis en valeur du bouclier guyanais", a commenté Rock Lefrançois, PDG de la société minière Orea, actionnaire de Montagne d'Or

Cette annonce, a précédé de 48 heures la décision du tribunal administratif de Guyane obligeant l’Etat à prolonger la concession et donc le bail de la compagnie de la Montagne d’or, le projet aurifère controversé en Guyane.

Anouchka Ponce, coordinatrice Guyane nature environnement a espéré sur franceinfo que "l'Etat fasse appel de la décision du tribunal (...) En plus d'avoir un impact environnemental trés fort, il n'est pas dit que (Montagne d'or ndlr) soit vraiment en faveur du développement économique de la Guyane."  Une source, proche du gouvernement, a indiqué à Outre-mer 1ère que "l'Etat va sans doute faire appel de la décision du tribunal administratif".

De son côté, Pierre Paris, le PDG de Montagne d’or a réagi : "Cette décision du tribunal administratif de Cayenne ne concerne que la prolongation de droit de nos deux concessions. Nous sommes convaincus qu’il y a moyen de développer ce gisement d’or dans l’Ouest guyanais, de manière responsable et permettre ainsi au territoire de bénéficier des retombés de l’exploitation de ses ressources. Nous continuons à travailler avec les élus et organisations professionnelles locales afin de développer un projet exemplaire, conforme aux attentes des parties prenantes et dans le respect des engagements de la France sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre" a conclu M.Paris, interrogé par Outre-mer 1ère.

Pierre Paris
Pierre Paris PDG de Montagne d'Or en Guyane ©Alain Jeannin

 

Etudes complémentaires

La joint-venture Montagne d'or, détenue à 44,99 % par Orea et 55,01 % par NordGold, a lancé début 2019 des études d'ingénierie et d'environnement complémentaires pour des modifications et améliorations du projet Montagne d’or en Guyane suite à l'étude de faisabilité bancable réalisée en 2017 et à la consultation publique tenue en 2018.

 Les nouvelle études ont porté principalement, selon la compagnie canadienne, "sur la conception de la mine, le tracé des routes d'accès, la production d'électricité hybride sur site et le développement de carrières pour les matériaux de construction. Elles comprenaient également des inventaires supplémentaires de la faune et de la flore, des forages géotechniques, des levés géophysiques au sol, des analyses géochimiques et des essais en laboratoire".

Dans son communiqué du 22 décembre, Orea a précisé que "les études complémentaires, qui ont impliqué un certain nombre de cabinets de conseil internationaux, français et locaux, sont désormais pratiquement achevées avec des études finales de faune et de flore sur le site de compensation naturelle sélectionné ".

Et Orea de poursuivre "Les principales composantes des études terminées comprennent la refonte de l'installation de stockage des résidus, l'abaissement de la hauteur des barrages de retenue et l'étude de rupture de barrage (...) La production d'énergie solaire hybride sur site, éliminant les impacts environnementaux (...) La refonte du plan de gestion des déchets et du stockage des stériles pour éviter le drainage acide (...) La refonte détaillée de la route d'accès de 125 km à partir de Saint-Laurent-du-Maroni, avec des dispositifs de protection contre les eaux pluviales et de sécurité (...) L’étude du transport de matières dangereuses et du transport et stockage d'explosifs. Le bilan de masse global du projet et du plan de fermeture et de réhabilitation du site (...) Le développement du site de compensation naturelle"  a détaillé le communiqué de la société minière publié le 22 décembre depuis son siège de Vancouver au Canada.

Que veut le consortium russo-canadien ? Présenter un nouveau projet Montagne d’or, revu et amélioré, en espérant le faire accepter par l’Etat et par les défenseurs de l’environnement ? Et sinon ? Tenter de négocier des indemnités et le remboursement des sommes déjà investis dans le projet guyanais...avant de partir ? En jouant, peut-être, sur les deux tableaux, le consortium montre en tout cas qu'il a de la ressource et des avocats prêts à en découdre...

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Salariés guyanais sur un site minier aurifère ©DR

 

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