Le nickel de la SLN, composant essentiel de l’acier espagnol

nickel province sud
inox
Usine sidérurgique d'acier inoxydable en Europe ©Alain Jeannin
Du nickel à l’acier inoxydable. La SLN calédonienne se redresse. Acerinox, son client espagnol aussi. Le premier producteur mondial de ferronickel veut poursuivre ses économies, le sidérurgiste voit son bénéfice net en forte hausse.
C’est l’une des routes du nickel calédonien. Plusieurs fois par un an, un cargo transporte sa cargaison de ferronickel SLN 25 de Nouméa jusqu’à Palmones. Le port industriel d'Algeciras et l’usine Acerinox, le sidérurgiste espagnol, se trouvent en face de Gibraltar.

SLN nickel 

En Nouvelle-Calédonie, la Société Le Nickel (SLN), filiale du groupe français Eramet, a réduit ses pertes en 2016. L’usine de Doniambo, qui a produit 55.227 tonnes de nickel est sur la voie du redressement. Confrontée à une chute brutale des cours du nickel, la SLN a bénéficié d’un soutien déterminé du groupe Eramet qui lui a apporté 325 millions d’euros, mais aussi d’un prêt de 200 millions d’euros de l’APE, l’Agence des participations de l’État. Un soutien annoncé par Manuel Valls lors de son passage à Nouméa en avril 2016.
De son côté, le gouvernement calédonien a soutenu son acteur historique du nickel en autorisant des exportations de minerai brut vers la Chine. Enfin, un lobbying efficace en faveur des trois usines calédoniennes dont la SLN a été mené à Paris par les députés Philippe Gomes et Sonia Lagarde mais aussi le sénateur Pierre Frogier.

Mardi à Nouméa, Jérôme Fabre, directeur-général de la SLN a pu annoncer que les efforts accomplis portaient leurs fruits : « Nous avons aujourd’hui un coût de production qui se situe à 5,06 dollars par livre de nickel, nous avons comme objectif de descendre à 4,5 dollars à la fin de cette année ». La SLN est le premier employeur privé du territoire. Elle bénéficie d’une légère reprise des cours du nickel et d’une demande pour l’acier inoxydable en hausse de 8 % sur le marché mondial et de 92 % pour le ferronickel en Chine. « Résister à la concurrence est une question de survie à moyens et longs termes » précise le patron de la SLN.

inox
Acier inoxydable européen (Aperam) utilisant l'alliage de nickel calédonien SLN25. ©Alain Jeannin

Acerinox acier inoxydable 

En tout cas, la SLN a déjà su conserver ses clients traditionnels, et pas seulement en Chine. Acerinox, premier fabricant espagnol d’acier inoxydable, est l’un d’entre eux. Le sidérurgiste espagnol et sa grande usine sidérurgique semblent narguer la présence anglaise de l’autre côté de la baie de Gibraltar. Acerinox annonce qu’il a augmenté la production de toutes ses usines et que son bénéfice net a presque doublé en 2016 à 80,3 millions d’euros, contre 42,8 millions en 2015, selon un communiqué du groupe publié mardi.
La dette du groupe espagnol a baissé de 13% pour s’établir à 620 millions d’euros. Sa production d’acier inoxydable est en hausse de 9%. Un bon résultat pour le sidérurgiste espagnol et sa production sidérurgique. Le ferronickel, qui est l’un des composants de l’acier inoxydable, est produit par les métallurgistes calédoniens de l'usine SLN (Eramet) de Doniambo.  

15.000 tonnes de l'alliage de ferronickel calédonien SLN 25 - 4.000 tonnes de nickel pur - ont été livrées en 2016 au sidérurgiste espagnol. Les chips de métal ont été transportées par cargo, de Nouméa jusqu'à Algeciras. Elles ont nécessité plus d'un millier de conteneurs. Acerinox est l'un des clients européens du groupe Eramet.
Les Outre-mer en continu
Accéder au live