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Le nickel sous tension d’un "bushfire" en Australie

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NICKEL
Femme de l'industrie du nickel en Australie ©AFP
La société minière Western Areas Nickel a repris des activités normales sur son site de Forrestania, dans la région de Perth, en Australie occidentale. Un feu de brousse avait brièvement interrompu la production de nickel la semaine dernière.
 
Les traders londoniens du nickel constatent, sans état d'âme. Un incendie dans une région minière en Australie ? Quelle conséquence pour la production mondiale de nickel ? Confrontés à la baisse des cours, ils se raccrochent à toute information permettant de spéculer et d’envisager une diminution de l’offre. En espérant faire remonter les prix et leurs profits. Les analystes sont dans le même état d’esprit, ils scrutent la moindre annonce indiquant une possible réduction de capacité, de production. 

Feu de brousse en terre de nickel
Un feu de brousse, un "bushfire", cette fois dans l’ouest de l’Australie, a entraîné la suspension temporaire, pour quelques jours, des opérations minières du site de Forrestania. Et les cours mondiaux du nickel ont frémi. Avant de repasser rapidement dans le rouge quand les activités de l’usine Cosmic Boy qui traite le minerai à haute teneur du site de Flying Fox ont repris. L’incendie a été circonscrit, l’incident n’a eu aucun impact sur la production de nickel ni sur les prévisions de Forrestania Nickel Operation (FNO) pour l’exercice 2020. Alors que les cours du cuivre, de l’étain et de l’aluminium étaient généralement un peu plus fermes lundi, le nickel a donc continué à faire exception. Le nickel a repris son fléchissement, il affiche une cinquième semaine consécutive de baisse. "Le métal a effectué une correction très similaire à celle de la période de juin à novembre 2018" a constaté Alastair Munro, analyste de Marex Spectron. Depuis le sommet de 18.850 dollars atteint en septembre, il a perdu près de 30 % pour frôler les 13.000 dollars la tonne.

Guerre commerciale
Sur le front de la guerre commerciale, la date du 15 décembre, qui doit entériner la mise en place de surtaxes par Washington sur quelque 160 milliards de dollars d’importations chinoises, se rapproche à grands pas. En attendant, ce climat de guerre froide économique continue de faire des dégâts comme le montrent les derniers chiffres présentés ce week-end en Chine. Les exportations ont reculé en novembre, pour un quatrième mois consécutif. D'après les statistiques des douanes chinoises, les exportations ont ainsi diminué le mois dernier de 1,1 % en rythme annuel, après un recul de 0,9 % en octobre. La Chine a également révélé que les ventes de véhicules aux particuliers ont chuté de 4,2 % sur un an. Et cette situation peut affecter les ventes de véhicules électriques et donc la demande en nickel. Enfin, si une étude du Shanghai Metal Market (SMM) révèle que la production d'acier inoxydable en Chine a diminué en octobre pour le deuxième mois consécutif à 2,41 millions de tonnes. En revanche, une seconde publication note un léger mieux en novembre à 2,42 millions de tonnes.

Cours du nickel au LME de Londres, lundi 9 décembre à 18 h 20 GMT, 13.322 dollars par tonne (6,04 $/l) -1,24 %, sur 5 jours -2,83 %
 
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