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Nouvelle-Calédonie : le Premier ministre Edouard Philippe sur la tombe de Jean-Marie Tjibaou

En visite en Nouvelle-Calédonie, le Premier ministre Edouard Philippe s'est rendu ce lundi sur la tombe du leader indépendantiste assassiné en 1989, Jean-Marie Tjibaou. Un moment de symboles et d'émotion.

Edouard Philippe sur la tombe de Jean-Marie Tjibaou
  • La1ère.fr (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
Le Premier ministre Edouard Philippe s'est rendu ce lundi matin sur la tombe du leader indépendantiste assassiné en 1989 Jean-Marie Tjibaou, faisant ainsi un geste symbolique à moins d'un an d'un référendum historique sur l'indépendance.

Il avait déjà visité samedi, lors de son premier jour en Nouvelle-Calédonie, la tombe du loyaliste Jacques Lafleur, décédé en 2010, avec qui Jean-Marie Tjibaou a signé en 1988 les accords de Matignon, mettant un terme à plusieurs années de violence entre communautés kanaks et d'origine européenne.


La famille Tjibaou

Lundi, le chef du gouvernement a entamé sa visite de la Province nord de Nouvelle-Calédonie en se rendant dans la tribu de Tiendanite, celle du leader indépendantiste, qui regroupe un peu plus d'une centaine de personnes. Après s'être recueilli sur la tombe du leader indépendantiste, en compagnie notamment de sa veuve Marie-Claude, le Premier ministre a planté lui aussi, comme plusieurs de ses prédécesseurs, un sapin à proximité de la tombe.

Edouard Philippe a rappelé qu'il avait récemment, comme le veut la tradition, "planté un arbre à Matignon". "J'ai choisi un pommier. Je suis le premier à avoir choisi un arbre fruitier. C'est important de voir les fruits. Et ce deuxième arbre ici, c'est aussi un symbole. Il faut attendre le temps nécessaire pour en récolter les fruits".

Prendre le temps

Auparavant, lors de l'accueil coutumier de la tribu, le fils de Jean-Marie Tjibaou, Emmanuel, a salué la venue du Premier ministre malgré un programme chargé, rappelant "l'affection" de la tribu "pour ceux qui prennent le temps".

"Le temps il faut le prendre et le respecter", a répondu le Premier ministre. "Ceux qui ont négocié en 1988 (pour les accords de Matignon), et en 1998 (pour l'accord de Nouméa) ont intégré cette notion du temps. Ils savaient qu'il ne fallait pas brûler les étapes".


Ce "à quoi on aspire"

Le chef du gouvernement a également salué la mémoire des "dix" indépendantistes kanaks dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou, tués dans une embuscade à Hienghène dans la nuit du 4 au 5 décembre 1984, tendue par des métis "caldoches". Les dix tombes se trouvent à Tiendanite.

Pascal Tjibaou, autre fils du leader indépendantiste, a offert le drapeau kanak au Premier ministre, "parce que c'est ça à quoi on aspire". "Soyez le Premier ministre qui va aider la France à tourner la page et à en ouvrir une autre" entre deux pays indépendants, a-t-il dit.

Rappelant qu'en 1917, l'armée avait "maté à la mitrailleuse" l'insurrection des habitants de la tribu qui refusaient de s'engager, son frère Emmanuel a dit qu'à Tiendanite, "on est forcément indépendantiste du fait de notre histoire".


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