En Nouvelle-Calédonie, résultats trimestriels contrastés pour Vale et Glencore dans le nickel

nickel
Usine Koniambo
Mineurs calédoniens sur le massif de nickel du Koniambo. ©Alain Jeannin
Eramet a lancé, la semaine dernière, le coup d’envoi de la saison des résultats trimestriels (T3) du nickel, avec les résultats de la SLN en Nouvelle-Calédonie. Ils ont été suivis par ceux de Vale et de Glencore. Des résultats pour le moins contrastés...
Les compagnies minières et métallurgiques font le même constat. La hausse des cours du nickel au troisième trimestre leur a fait du bien. 15.540 dollars par tonne, un gain de 3.280 dollars par rapport au second trimestre 2019. Pour autant, la hausse des prix du nickel ne permet pas aux usines calédoniennes de Vale et de Glencore d’afficher des résultats positifs. Difficile montée en puissance des productions, coûts plus élevés que le cours du nickel au LME, les deux géants font presque le même constat.

Vale 
La production – mondiale - de nickel du groupe brésilien est en hausse de 14,2 % au troisième trimestre, par rapport au second trimestre de l’année 2019. Un autre chiffre vient pourtant pondérer ce bon résultat. Sur la même période, les ventes de nickel sont en baisse de 11,5 %. Quant à la production de cobalt, elle est en baisse de 2,2 %, les ventes ne sont pas précisées. (Lire ici le rapport financier T3 de Vale en anglais)

Nouvelle-Calédonie
Sur la même période, la production globale de nickel de l’usine du Sud (VNC) est en hausse de 8,5 %, mais en baisse de 14,7 % par rapport au dernier trimestre de 2018, a précisé Vale. Pour expliquer ces résultats, Vale souligne le bon et le moins bon. Certes, l’accès aux clients est désormais plus rapide, les produits livrés (oxyde et hydroxyde de nickel) sont mieux adaptés à la demande, leur production est en hausse de 21,2 %, mais des problèmes opérationnels ont encore limité la production d’oxyde de nickel au mois de septembre. Pour le cobalt, la production de VNC est en hausse de 23,3 % au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, mais en baisse de 23,1 % sur les neuf premiers mois de l’année 2019/2018. Toutefois, c’est la production calédonienne de cobalt qui compense, au troisième trimestre, la baisse d’autres sites du métallurgiste brésilien. Enfin, Vale a réduit ses pertes en Nouvelle-Calédonie. 87 millions de dollars au second trimestre, 22 millions au troisième trimestre. Principale ombre au tableau, le coût de production de l’usine du Sud reste l’un des plus élevés au monde : 20.331 dollars la tonne au troisième trimestre, près de 5000 dollars au-dessus du prix moyen du nickel au LME.

Glencore (KNS)
Moins détaillé que son concurrent brésilien, le rapport trimestriel de Glencore ne consacre que quelques lignes à son usine calédonienne. Fin septembre, la production -mondiale- de nickel de la multinationale des matières premières est en baisse de 2 % sur 2019 par rapport à 2018. Et c’est "principalement à cause de l’usine du Koniambo qui a connu une montée en puissance difficile" souligne Glencore. Et de poursuivre, "la production de KNS a été de 17.200 tonnes sur les neuf premiers mois de 2019...Par rapport à la même période de 2018, la baisse est de 20 % en raison de pannes et d'opérations de maintenance" conclu le communiqué publié depuis son siège de Baar en Suisse. (Lire ici le rapport financier T3 de Glencore)

Mauvaise surprise
Cours à trois mois du nickel au LME de Londres lundi 28 octobre à 18H30 GMT 16.557 dollars par tonne -1,68 %. Raison principale de la baisse ? L'usine Ramu Nickel a été autorisée, dès vendredi soir, à reprendre sa production par le gouvernement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. "L'usine tourne à plein régime" précise le négociant Marex Spectron. Aprés la pollution aux boues rouges de la baie de Madang, les traders de Londres avaient spéculé sur une interruption de longue durée. Ils se sont trompés, le risque de pénurie s'éloigne, le nickel baisse pour le moment...