17e gouvernement : comment les fonctions et les secteurs ont été répartis

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Séance du 17e gouvernement
Après la première séance de travail officielle du 17e gouvernement - Joseph Manauté étant hors cadre de la photo. ©Medriko Peteisi / NC la 1ere
Cinq mois après son élection, le dix-septième gouvernement de la Nouvelle-Calédonie termine enfin sa séquence d’installation. Un gouvernement à majorité indépendantiste qui a une vice-présidence loyaliste. Explications.

Le 17 février dernier, on découvrait la composition du 17e gouvernement. Mais pour que ses onze membres se répartissent les différents portefeuilles, il aura fallu attendre… le jeudi 22 juillet. 

Cinq mois après. Le temps que les deux groupes indépendantistes arrivent à s’entendre sur leur candidat à la présidence. Que Louis Mapou soit élu. Que le nouvel exécutif entre en fonctions (c’était vendredi dernier). Et que ses composantes négocient les rôles et les secteurs.  

J’ai le plaisir d’annoncer que nous avons conclu notre séance de ce matin avec l’attribution, à l’unanimité, des portefeuilles qui seront à la charge de chacun des membres du gouvernement, du président et de la vice-présidente.

Louis Mapou, président du nouveau gouvernement

 

  • "A l’unanimité"

Le 17e gouvernement a tenu ce jeudi matin sa première séance collégiale de travail. En fin de matinée, son président annonçait aux médias que les missions des uns et des autres avaient été attribuées, "à l’unanimité"

  • La vice-présidence aux loyalistes

Unanimité, aussi, pour confier la vice-présidence au candidat proposé par les élus Avenir en confiance. En l’occurrence une candidate puisque cette fonction revient à "la seule dame autour de la table", à savoir Isabelle Champmoreau. "Maintenant que nous avons notre vice-présidente, on regardera comment ce duo va essayer d’animer le dix-septième gouvernement collégial", a lancé Louis Mapou.

On se rappelle qu’après l’élection du président, le 8 juillet, le groupe AEC avait refusé de briguer la vice-présidence qui revient traditionnellement à l’"opposition". La coalition Les Loyalistes a expliqué ce matin son nouveau positionnement, notamment dans un communiqué.

"Nous constatons qu’un équilibre a été́ trouvé dans le partage des responsabilités au sein de l’exécutif et que les membres Loyalistes du gouvernement disposent de secteurs leur permettant d’agir efficacement au service des Calédoniens", indique le mouvement. Il avait conditionné l’acceptation de la vice-présidence à une répartition équitable des secteurs. 

On ne souhaitait pas une vice-présidence caution du gouvernement. On avait lié ça à la répartition des secteurs et des différents portefeuilles. On a vu qu’il y a un équilibre, donc on a présenté Isabelle Champmoreau.

Christopher Gygès, membre AEC du gouvernement

 

"Ce n’est pas un chèque en blanc qu’on donne à la nouvelle majorité", précisent les Loyalistes. "C’est une vice-présidence à la fois de responsabilités, mais aussi de vigilance, face aux actions qui pourraient être menées et où on ne serait pas d’accord."

  • Les secteurs clés reviennent aux élus de la majorité

Avant de détailler qui fait quoi, Louis Mapou s’est fendu d’un petite introduction. "Depuis mon élection, j’ai envie d’indiquer qu’il y a plusieurs principes qui vont animer nos travaux", a-t-il déclaré. "Le premier, c’est que la nouvelle majorité, la majorité indépendantiste, puisse prendre en charge les secteurs clés."

C’est ainsi que les élus du gouvernement issus de la liste UNI auront en charge la stratégie minière (Louis Mapou); le budget, les finances et la santé (Yannick Slamet); ainsi que l’économie (Adolphe Digoué).

Ou que les membres UC-FLNKS et Nationalistes avec l’Eveil océanien animeront la fiscalité (Gilbert Tyuienon) ou la fonction publique (Vaimu’a Muliava).

  • Un porte-parole par groupe indépendantiste

Désormais, les deux porte-paroles chargés de s’exprimer au nom du gouvernement sont des élus de la majorité, indépendantiste. Mais l’un est UNI (Yannick Slamet), l’autre est UC (Gilbert Tyuienon).

  • Le principe de collégialité réaffirmé

Viser le consensus, c’est un peu l’essence du gouvernement à la Calédonienne. Louis Mapou l’a réaffirmé ce matin comme un principe de sa mandature : "vérifier que l’on puisse traduire l’esprit de collégialité qui doit animer ce gouvernement dans une participation de l’ensemble des membres", a-t-il formulé.

"Notamment pour faire face au contexte très difficile, complexe, auquel nous allons avoir droit dans les prochaines semaines, les prochains mois. Et au-delà, c’est bien entendu la troisième consultation", a poursuivi le dirigeant UNI. Cette équipe étant en place "pour pratiquement quatorze mois", elle aura "aussi la responsabilité de gérer l’institution après" le scrutin du 12 décembre. 

  • Des chevauchements

"Dans la répartition des portefeuilles, il y a un autre élément, c’est l’affinité que chacun peut éprouver à l’égard de l’un des secteurs", a relevé Louis Mapou ce matin. "J’ai trouvé des membres du gouvernement qui ont bien pris à cœur, lorsqu’il y avait un chevauchement sur la demande, (…) d’en discuter et de s’entendre sur la meilleure répartition qu’il pourrait y avoir."

Mieux vaut réussir à s’entendre, et à travailler ensemble, car beaucoup de compétences sont partagées. Le président de l’exécutif  (UNI) et Gilbert Tyuienon (UC) se partagent la mine. Gilbert Tyuienon qui a "l’aménagement et les infrastructures publiques", alors que Yoann Lecourieux (AEC) compte dans ses attributions "l’aménagement et la cohésion du territoire".

Autres exemples : Adolphe Digoué (UNI) anime le secteur de l’économie, mais Vaimu’a Muliava (UC / Eveil océanien) pilote la construction. Yannick Slamet (UNI) laisse une petite partie de la santé à Isabelle Champmoreau (AEC). 

Et côté vert, Thierry Santa (AEC) s’occupe de la valorisation des ressources naturelles; Christopher Gygès (AEC) anime la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables; tandis que Joseph Manauté (CE) obtient le développement durable, l’environnement ou encore la transition écologique.  

"J’ai demandé que les uns et les autres fassent des efforts", assure Louis Mapou. "Sortir de cette guerre de tranchées qu’on a trop souvent, parce que notre pays est déjà très clivé. Que ce soit dans la répartition des compétences entre les institutions [ou] dans la façon de vivre tous le jours."

Ce sera mon rôle de mettre de l’huile, comme on dit, dans les rouages.

Louis Mapou

 

  • Un accent mis sur les relations extérieures

Cette compétence-là revient au président. "Il y a une formulation qui est nouvelle", souligne celui-ci, "parce que nous avons un investissement important à fournir dans le cadre de nos responsabilités régionales. C’est une marque, beaucoup plus prononcée, de ce gouvernement."

Il est important que nous puissions intégrer beaucoup plus le travail qui est dans la région, parce qu’une part des perspectives de développement de la Nouvelle-Calédonie se trouve dans la relation que nous réussirons à entretenir avec la région.

Louis Mapou

 

Il partage ce fameux secteur des relations extérieures avec Mickaël Forrest (UC). Garde aussi un regard sur la francophonie confiée à Yoann Lecourieux. Et sur le suivi des relations avec les collectivités d’outre-mer du Pacifique, par ailleurs confié à Vaimu’a Muliava.