Paris à l'heure de La Réunion pour célébrer la fèt Kaf en musique

esclavage
Fête kaf à Paris
©MB
Le groupe Seksion Maloya a organisé un Kabar à Paris pour célébrer le 20 décembre, date qui marque l'abolition de l'esclavage à La Réunion. Une commémoration en musique pour partager avec toutes les communautés la liberté et l'Histoire.
Roulèr et kayamb étaient de sortie à la Petite halle de la Villette, à Paris, pour le 20 décembre. Cette date très importante pour la communauté réunionnaise marque l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage à La Réunion. Le "20 désanm" 1848, Joseph Sarda Garriga, commissaire général de la République, proclame la fin de l'esclavage sur l'île, libérant ainsi plus de 60 000 personnes. 
 

Seksion Maloya


170 ans plus tard, les générations d'aujourd'hui célèbrent toujours la liberté. Et c'est là l'objectif du groupe Seksion Maloya qui réunit depuis 3 ans des passionnés pour faire découvrir le maloya et les kabar (fêtes) à travers toute la France et même dans le monde entier.

Le groupe a été fondé par Laurent Velia et Jean-Didier Hoareau. "Le maloya, c'est l'histoire de La Réunion", estime ce dernier, très attaché à la transmission. "Des jeunes viennent à nos kabar et ça nous fait vraiment plaisir de les voir sur le roulèr, le sati, le kayamb avec honneur et parfois même jusqu'à la douleur !"
 
Pour Laurent Velia, responsable manager à Seksion Maloya, il est "primordial" d'organiser des kabar, qu'importe l'endroit, qu'importent les communautés : "On joue pour tout le monde, on joue vraiment pour les gens."
  

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Ce 20 décembre 2018, ils ont rassemblé plusieurs groupes dont Zoréol, arrivé tout droit d'Orléans. Il y a 15 ans, le groupe s'est formé à l'occasion d'un 20 décembre. Ils mélangent les styles et les influences avec, eux aussi, la volonté d'échanger et de partager. "Il y a des leçons à prendre sur le fait d'être de différentes couleurs et d'être aussi mixés", raconte dans un sourire Olivier Poulot, l'un des membres.
 
Le groupe Banyan avait aussi fait le déplacement depuis Marseille pour ce concert. Que ce soit à Marseille, à Paris ou à La Réunion, pour eux, il est important de partager cette fête avec tout le monde où que l'on soit. "Il n'y a pas beaucoup de groupes de maloya qui peuvent s'exprimer ce jour-là et pour nous c'est un honneur, c'est un plaisir, on est ravis d'être là", expliquent-ils.
 
L'ambiance était au rendez-vous dans la Petite halle de La Villette, à l'est de Paris. Plus d'une centaine de personnes ont fait le déplacement pour célébrer le 20 décembre comme il se doit, avec le sourire et quelques pas de danse. 
 


La musique des ancêtres


Le tout devant un public conquis et touché par le message de partage et l'importance de transmettre aux nouvelles générations. "J'avais envie d'être avec les miens" résumé une Réunionnaise présente dans la salle.
 
©la1ere

Le maloya, mélange de chant, de danse et de musique, est né dans les champs où travaillaient les esclaves à La Réunion. Il a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, ce qu'a tenu à rappeler un des spectateurs : "Si aujourd'hui on est à, c'est grâce à nos ancêtres."
 
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