Pas d’embargo, mais une purge : la politique du « Trump Philippin » profite au nickel calédonien

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Minerai de nickel SLN
Minerai de nickel calédonien dans l'usine SLN de Doniambo ©Alain Jeannin
Les Philippines devraient fermer 15 % de leurs mines de nickel. Pas d’embargo en vue. La purge profite au prix du métal et à la Nouvelle-Calédonie. Un septième mineur philippin, Claver Mineral Development Corp, a été obligé de suspendre ses opérations.
Les faits - Les Philippines n’envisagent pas d’établir un embargo sur leurs exportations, mais la purge du secteur se poursuit. La perspective d’un resserrement de l’offre mondiale de nickel est toujours envisagée. La bourse des métaux de Londres est nerveuse. Le risque d’autres fermetures de mines dans les prochaines semaines soutient le cours mondial du nickel au LME. Le métal est parvenu à préserver une partie de ses gains malgré l’appréciation du dollar et la baisse du pétrole. L'or noir est le principal indicateur de tendance des matières premières.

La purge se poursuit 

Et de sept. Le gouvernement philippin a suspendu Claver Mineral. « Tous les sites miniers de Mindanao vont être vérifiés » selon les mots de Regina Lopez la ministre en charge de l’environnement et des ressources naturelles. L’audit en cours concerne tous les producteurs de nickel du pays. La question posée est de savoir si le nouveau président des Philippines, Rodrigo Dudarte, le « Trump philippin » comme on le surnomme va oser s’attaquer aux grands sites miniers du pays : « La bourse des métaux attend d'autres mesures. Sept mines sont fermées, mais elles ne représentent que 10 % de la production du pays » souligne David Wilson de Citi à Londres.
 

105 mines soumises à un audit

Les pressions sur les producteurs de l’archipel, leaders mondiaux des exportations de minerai vers la Chine, pour qu’ils respectent les règles environnementales et sociales internationales devraient s’accompagner d’autres fermetures. Toute l'industrie est passée en revue. 105 mines vont être soumises à des examens dans le cadre de l’enquête sur la destruction de l’environnement. Les résultats de l’audit sont attendus pour la fin du mois d’août, sans qu’il soit pour autant envisager un embargo sur les exportations. Selon la banque australienne ANZ « la plupart des grands opérateurs respectent la réglementation environnementale ». Seules 15 % de la production philippine seraient menacées. Ce qui explique l'attitude prudente du LME.
 

Les trois usines calédoniennes en profitent

Quoi qu’il en soit, ce message ferme en direction du secteur minier philippin a fait grimper les cours du nickel de près de 25 % en deux mois. Le métal s’est rapproché en début de semaine de son sommet annuel atteint le 21 juillet, à 10 900 dollars la tonne. Ce vendredi soir à Londres, il se situait autour de 10.700 dollars la tonne. "L'effet Philippines" continuait à soutenir la valeurs boursière des trois groupes métallurgiques présents en Nouvelle-Calédonie. Elle progressait de + 3,66 % pour Eramet, de 2,25 % pour Vale et de 1,33 % pour Glencore. La politique conduite par Manille est de nature à résorber plus rapidement les stocks de nickel entreposés dans les entrepôts mondiaux.