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Vers une pénurie de nickel ? Des perspectives prometteuses pour la Nouvelle-Calédonie

nickel province sud
Traders du nickel au LME
La Bourse des métaux de Londres est la référence mondiale pour la fixation des cours du nickel ©Alain Jeannin
Une hausse de 40 % depuis le début de l’année et ce n’est sans doute qu'un début. Un coup d’œil sur un graphique des prix du nickel montre sa bonne étoile au sein du complexe des métaux de base. Selon le Metal Bulletin, les cours du nickel atteindraient 20.000 dollars en 2019.
À la City de Londres, les analystes et les négociants suivent avec intérêt la visite présidentielle en Nouvelle-Calédonie. La grande terre du nickel est le 5e producteur mondial de minerai et le premier producteur mondial d’alliages pour la fabrication de l’acier inoxydable. La production calédonienne est donc évaluée quotidiennement par les analystes et les négociants en matières premières de la City de Londres. « Les traders et les experts du nickel suivent en permanence les « news » liées au nickel. Ils lisent les dépêches de Reuters, de Bloomberg ou de l’AFP, des sources fiables. La Nouvelle-Calédonie est regardée avec attention, en raison de la forte demande mondiale de nickel et de la visite d’Emmanuel Macron qui rassure le marché » indique Boris Mikanikrezai, expert français du nickel au Metal Bulletin de Londres.

L'oeil de Londres sur le nickel

La production industrielle et minière de la Nouvelle-Calédonie est suivie quotidiennement par les journalistes et la rédaction numérique du Metal Bulletin, le site d’information londonien du monde des matières premières. Le grand producteur mondial de nickel est un Territoire qualifié de « stable et transparent » par les journalistes londoniens et puis disent-ils « on peut facilement, malgré le décalage horaire joindre les industriels calédoniens pour obtenir des informations, ce n’est pas si facile ailleurs ». La demande de nickel dépasse désormais la production mondiale, le marché devrait afficher un nouveau déficit de 100.000 tonnes au moins cette année. Jeudi, une note de l'agence Moody's confirmant la forte croissance mondiale de la demande en nickel a fait flamber les cours du producteur français Eramet. 

Nickel
©London Metal Exchange
Evolution des cours du nickel sur un an.

Un métal voyageur

Le London Metal Exchange est la dernière Bourse mondiale qui fonctionne encore « à l’ancienne ». La vénérable institution est née en 1877, l’industrialisation de la Grande-Bretagne ayant conduit à l’importation massive de matières premières dans ce qui était à l’époque la première puissance mondiale. Autour des banquettes rouges du « LME » comme on l’appelle, les traders achètent et vendent à la criée, soit par téléphone, soit par voie électronique, des quantités de matières premières. Les prix mondiaux du cuivre, de l’aluminium, du nickel et du cobalt sont fixés chaque jour de la semaine selon un rituel bien défini, immuable. Anticiper la tendance du prix des métaux, de la production de nickel du Canada, des Philippines ou de la Nouvelle-Calédonie fait partie du quotidien de la City.


20.000 dollars la tonne ?

« Historiquement, les mouvements de prix du nickel sont généralement plus raides et vont plus loin, plus vite que les autres métaux. Le marché va définitivement dans la bonne direction, la production mondiale de nickel est désormais structurellement déficitaire » juge Jim Lennon, directeur général de Red Door Research. « Lorsque l’acier inoxydable se porte bien, le nickel se porte bien. Les utilisateurs, les sidérurgistes de l'inox se positionnent maintenant dans le cadre d’une reprise économique mondiale. L’Europe est en plein essor, l’économie américaine est forte et le Brésil se redresse, tous les développements macroéconomiques sont favorables à la consommation de nickel » ajoute William Adams, autre analyste de Metal Bulletin Research.

Le monde de la finance des matières premières est un secteur particulièrement discret, fait de transactions et d’algorithmes. Qui sait les lire maîtrise le marché. Cette mécanique complexe intègre la production calédonienne de nickel et détermine son prix. Les traders de la Bourse des matières premières ne sont que la partie immergée de l’iceberg, partout ailleurs dans le monde, industriels, négociants, investisseurs se disputent les contrats disponibles, à la hausse ou à la baisse selon la situation de l’économie mondiale. « Très clairement, le scénario de référence, c’est un cours du nickel qui se dirige vers des moyennes autour de 20.000 dollars la tonne fin 2019 » estime Andy Col analyste chez Metal Bulletin Research.

Une industrie mondiale

Le nickel est essentiel pour l’acier inoxydable, il l’est tout autant pour la production des batteries des véhicules électriques, voilà pourquoi les cours mondiaux se redressent fortement. Pour les investisseurs et les analystes, la Nouvelle-Calédonie est un producteur important depuis l’arrivée de deux grandes multinationales, Glencore et Vale et de leurs grandes usines sur le Territoire : « La Nouvelle-Calédonie, compte trois usines de nickel (SLN-KNS-VNC ndlr), c'est un producteur majeur notamment pour les producteurs mondiaux d’acier inoxydable » rappelle David Wilson, responsable des analyses du négociant Freepoint Commodities. Les choses sont dites...

Cours du nickel et des trois groupes métallurgiques et miniers en Nouvelle-Calédonie : vendredi 4 mai à 12h30 GMT.
Nickel (LME) 13.920 dollars par tonne (6,31 dollars par livre).
Eramet 156,30 euros + 3,85%
Glencore 360 GBP + 0,62 %
Vale 13,89 dollars +1,17 %


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