Polynésie : l'ancien président Gaston Flosse se déclare "souverainiste"

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Gaston Flosse devant photos Jacques Chirac
©Gilles Tautu / Polynésie 1ère
L'ancien président de la Polynésie française, Gaston Flosse, ardent défenseur de la présence de la France dans cette collectivité pendant toute sa vie politique, se dit désormais "souverainiste". Une déclaration qui sonne comme un revirement dans la carrière du politicien de 89 ans.
C'est un revirement. L'ancien président de la Polynésie française, Gaston Flosse, 89 ans, ardent défenseur de la présence de la France dans cette collectivité pendant toute sa vie politique, a expliqué à L'AFP qu'il se disait désormais «souverainiste».
Concepteur de l'autonomie polynésienne et premier président d'une Polynésie française autonome en 1984, Gaston Flosse a été pendant quatre décennies le plus farouche adversaire des idées indépendantistes prônées par son adversaire Oscar Temaru.


Sur le modèle des Iles Cook

Sous sa présidence, la Polynésie a évolué vers une autonomie toujours plus large, avec des compétences partagées entre l'Etat et la collectivité qui dispose de son gouvernement et de son assemblée.

Mais l'autonomie est arrivée à ses limites

Gaston Flosse


Il souhaite désormais que la Polynésie devienne un "Etat souverain associé à la France". En Océanie, le statut qui s'en rapproche le plus est celui des Îles Cook, qui ont acquis leur souveraineté tout en conservant un lien étroit avec la Nouvelle-Zélande, qui continue à assurer leur défense.


De Chirac à Sarkozy

Gaston Flosse a été maire, député, sénateur, président de la Polynésie française, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer (1986-1988) sous le gouvernement Chirac. Ils avaient fondé ensemble le RPR. Devenu Président de la République, Jacques Chirac a pu compter sur lui pour soutenir la reprise des essais nucléaires et défendre les intérêts français dans le Pacifique.

Mais les relations entre Gaston Flosse et la France se sont dégradées sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Les affaires judiciaires se sont accumulées pour l'élu polynésien, devenu inéligible en 2014.
Son ancien gendre et dauphin, Edouard Fritch, lui a succédé au pouvoir. Les deux hommes sont devenus adversaires et Edouard Fritch incarne désormais le camp autonomiste.
 

Pour un référundum

Gaston Flosse choisit une autre voie et réclame un référendum à la France, tout en distinguant son combat de celui des indépendantistes : "L'indépendance, ça fait 43 ans qu'on en entend parler, ça n'a pas avancé d'un centimètre : nous, nous sommes décidés, nous avons la foi et la volonté d'aboutir, et nous aboutirons", a-t-il déclaré sur la chaîne locale TNTV, annonçant pour le 29 août un changement de nom et de ligne politique pour son parti.

 "Il a clairement fustigé, même de manière plus violente que nous, le statut d'autonomie dont il est le géniteur", s'est amusé le député indépendantiste Moetai Brotherson. "C'est un animal politique, on ne va pas le changer à son âge : c'est un peu comme les grands requins blancs, s'ils s'arrêtent de nager, ils meurent", a-t-il conclu.
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