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Un Polynésien radicalisé interpellé à Perpignan après huit jours de cavale

terrorisme
Perpignan
Damien P. a été arrêté sur un chemin de terre dans le secteur industriel du Polygone-Nord. ©Capture d'écran Google Maps
Damien P. est soupçonné d’avoir voulu organiser un attentat contre les forces de l’ordre. Ce trentenaire, natif de Polynésie, adopté par une famille de l'Hexagone, a été interpellé mercredi soir à Perpignan où vit sa compagne. Il était recherché depuis le 31 décembre.
 
En 2013, Damien P. avait été condamné à 10 ans de prison pour le braquage meurtrier d’un bar-tabac, commis trois ans plus tôt à Moulin-Mage dans le Tarn. Un client avait été abattu. Lors du procès, son avocat l'avait décrit comme un "petit Polynésien, enfant adopté, [qui] n'a jamais connu ses parents biologiques."
Moulin Mage
Des habitants discutent à côté du bar-tabac du village de Moulin-Mage, le 01 mai 2010, où trois personnes avaient fait irruption la veille et ont tué un consommateur avant de s'enfuir. ©SYLVIE FERRE / AFP
 

Course poursuite

D'après France Bleu Rousillon, l'interpellation s'est faite au terme d'une folle course poursuite engagée dans la nuit de mercredi à jeudi dans les rues de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Grillant des feux rouges et prenant des ronds-points à l’envers, le fuyard aurait tenté à plusieurs reprises de percuter les véhicules des forces de l’ordre. Il a finalement été interpellé en compagnie de sa compagne, passagère du véhicule.

Selon le journal La Dépêche, l'homme de 32 ans était recherché depuis le 31 décembre, "date à laquelle il a oublié de pointer dans le cadre de son assignation à résidence." À sa sortie de prison le 2 octobre 2019, "il avait exprimé ouvertement son souhait de commettre un attentat contre la République", explique le quotidien.
 

Condamné à 10 ans de prison

Pendant sa détention à la maison d’arrêt de Perpignan, son comportement avait également été jugé inquiétant. À sa sortie, les autorités lui avaient imposé une mesure individuelle de contrôle administratif, détaille le journal. Il lui était interdit de quitter Toulouse, où il s’était installé, et devait se manifester tous les matins. Une obligation de pointage qu’il n’a pas respectée le 31 décembre.

Selon son avocate, Me Morgane Dupoux, citée par La Dépêche, Damien P. n’a rien d’un terroriste. "Il a surtout des problèmes psychiatriques. Il a parfois été malmené en détention alors oui, il a tout fait pour être placé à l’isolement. Et là, il venait de comprendre qu’il risquait une nouvelle incarcération à cause d’un sursis révoqué alors il a fui pour retrouver sa compagne qui habite Perpignan. Comme un jeune homme qui vient de passer dix ans en prison."

►Le récit d'Outre-mer la 1ère ci-dessous :


 
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